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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:39

Le Salar d’Atacama

P1080154 

 

Formation du Salar

     Je vais essayer de vous décrire très simplement la formation de cette vaste étendue de sel qu’on appelle un Salar. Il y a des millions d’années, la plaque tectonique de Nazca (recouverte d’eau marine) est rentrée en collision avec la plaque Sud-américaine. Débute alors un phénomène de subduction : la première plaque passe en dessous de la seconde qui, sous l’effet de forces colossales, se soulève : le Chili, sorti des eaux marines vient de naître. Il y a 180 millions d’années, commence le soulèvement des montagnes de la cordillère des Andes à l’Ouest, puis des montagnes de Domeyko à l’Est. De l’eau de mer se retrouve donc emprisonnée dans une cuvette. Va ensuite débuter un long phénomène d’évaporation. 70 millions d’années avant notre ère, se forme, toujours à cause de la subduction,  la chaîne de volcans de la cordillère des Andes. Certains sont encore actifs aujourd’hui ! Les éruptions volcaniques diffusent dans l’atmosphère des particules, dont des sels volcaniques, qui se retrouvent dans les eaux de ruissellement et viennent s’ajouter à l’eau de mer. L’évaporation se poursuit laissant apparaître des sels marins et des sels volcaniques, formant une vaste étendue blanche : le Salar d’Atacama. Il fait aujourd’hui partie de l’immense réserve nationale Los Flamencos.

P1080123 Ces photos ont été prises à 800 mètres par rapport au sol.

P1080085     Ce Salar s’étend sur 320 000 hectares (taille d’un département français). Les minéraux s’accumulent sur une profondeur d’un kilomètre au point le plus bas !

Le Salar continue d’être alimenté, sous le niveau de la croûte de sel, par les eaux de ruissellement andines. Or, le phénomène de subduction se poursuit et, avec une vitesse d’avancée de 9 cm/an de la plaque tectonique de Nazca, les forces de compression sont toujours existantes. L’eau est donc mise en pression et ressort par des puits, bien visibles du ciel (en bas à droite).

P1080100     On remarque aussi que la surface du Salar n’est pas parfaitement horizontale : le cercle de diamètre supérieur est excentré vers la gauche par rapport à celui de diamètre inférieur. Depuis le ciel, on distingue des lignes d’eau se déplaçant dans cette même direction (gauche de la photo).

      Les deux puits ci-dessous sont quant à eux des vestiges de forages pétroliers qui ont échoué. Les guides de San Pedro, pour impressionner les touristes, racontent que les trous proviennent de la chute de deux météorites.

P1080051     Je disais que le Salar est une étendue blanche. C’est le cas seulement en certains endroits car le vent dépose en permanence du sable du désert, le colorant ainsi en brun.

P1080069

P1080106Même au Chili, il y a l’Italie…^^

P1080223P1080250     Ces lagunes sont pour le moins impressionnantes. Depuis le ciel, suivant l’angle de vue où je me trouve, les couleurs changent, sans doute à cause de l’orientation par rapport aux minéraux qui réfléchissent différemment la lumière.

P1080231

P1080268     Ces tons verts sont dus à des symbioses entre algues et bactéries. Une symbiose est une relation permanente entre deux organismes d'espèces différentes, qui se traduit par des effets bénéfiques aussi bien pour l'un que pour l'autre.

      L’auréole verte indique la zone de changement du niveau de l’eau. En période de grande sécheresse, l’eau se retire dans la zone sombre. Lorsque le climat est moins sec, l’eau vient mouiller les rives.

      Depuis une décennie, les agents de la Conaf (organisme en gestion des parcs nationaux) mesurent chaque année un niveau d’eau décroissant. Deux phénomènes sont en cause : un épisode de sécheresse générale auquel s’ajoute le pompage de l’eau par l’activité minière et par la SQM, une usine d’extraction de lithium installée sur le Salar.

P1080298     Cette baisse du niveau perturbe toute la chaîne trophique de cet écosystème. Le Salar compte trois espèces de flamants : Flamenco Andino (40 000), Flamenco Chileno (>200 000) et Flamenco de James. Selon les mêmes agents de la Conaf, les recensements récents indiquent une diminution du peuplement liée à la baisse de leur nourriture : algues, plancton, artémias. Le flamant se nourrit à la manière d’une baleine, en filtrant les micro-organismes aquatiques à l’aide des fanons dans son bec. La quantité de ces organismes halophiles (« qui aiment le sel ») dépend de la concentration en sel de l’eau. Comme il y a moins d’eau, la teneur en sel augmente perturbant ainsi le développement  des micro-organismes dont se nourrissent les flamants. Ce n’est pas pour autant que ces oiseaux disparaissent. Etant migrateurs, ils se déplacent entre le Chili, l’Argentine, le Paraguay et la Bolivie.

P1080310

 


 

      Le cas de San Pedro met en évidence la complexité à gérer les ressources naturelles. De nombreux acteurs prennent part à leur utilisation. Comme les choses sont très liées et dépendantes les unes des autres, la modification d’un facteur entraîne la perturbation de tout un écosystème dont il ne faut pas oublier que l’homme se trouve en son centre…

A bientôt pour de nouvelles aventures !

P1080306

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:28

     Il y a d’autres exploitations dans des Ayllus (petites communautés indigènes) qui subsistent, malgré la raréfaction de l’eau. On y pratique l’élevage et le maraîchage.

Nouvelle imageCes Ayllus se situent d’ailleurs sur les rives des deux Rios.

Mapa     Sur l’image ci-dessus, au Nord-est de San Pedro, se trouve la Planta Puriko, une usine de fabrication de soufre construite de part et d’autre de la rivière Vilama.

P1100049     Du coup, l’eau se charge en éléments soufrés et devient impropre à l’irrigation agricole. Des mesures simples, comme la mise en canalisation de la rivière dans ces endroits à risques, permettraient de diminuer la teneur en soufre.

P1100047    

     Dans l’Ayllu de Tulor, il n’y a plus du tout d’agriculture ; pas à cause du manque d’eau, mais à cause de l’ensablement des sols. En effet, une large dune de sable avance au gré du vent et recouvre les terres.

P1090156

     De leur côté, les infrastructures touristiques et les habitants utilisent l’eau souterraine. En période d’affluence touristique, il y a un rationnement de l’eau avec des coupures régulières. Le débit à la sortie du robinet est effectivement faible, voire très faible. Certains hôtels disposent malgré tout de grandes piscines ! J’ai vu un employé d’un hôtel luxueux arroser une cour de graviers pendant toute une journée pour éviter que les voitures des touristes ne prennent la poussière !

     Diego Aramayo, le responsable de la section environnement de la municipalité, m’a confirmé que l’eau était un gros problème ici et qu’avec l’expansion de l’activité minière et touristique, il n’était pas prêt d’être résolu. Ce problème de la ressource hydrique impacte un autre élément, de taille ; puisqu’il s’agit d’un écosystème tout entier : le Salar.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 12:51

Buenos dias !

 

     Ça y est ! Les 33 mineurs sont sortis de la mine de Copiapo ! Les médias chiliens ne parlaient que de ça et la TV diffusait 24h/24 des images des opérations de remontée. Les grosses villes ont fêté ce sauvetage au son des klaxons et avec des rassemblements de joie.

Je suis maintenant à San Pedro de Atacama (770 km de Copiapo), un des plus beaux endroits du Chili. C’est d’ailleurs une destination très touristique. San Pedro est un village-oasis de 3 000 habitants, dans le désert d’Atacama, à 2 440 mètres d’altitude. Il y a cinq jours, j'ai fait la connaissance d'Andres et Corine qui ont accepté que je plante ma tente sur leur terrain en périphérie du village. Les nuits sont fraîches (-4°C) mais la pureté du ciel étoilé en vaut la peine. Comme le débit @ est faible, je n'ai pas pu publier les photos en qualité maximale. On va faire avec...

P1100069

     De manière générale, il a été difficile de se renseigner sur l’environnement car l’activité touristique étant si importante pour l’économie du secteur, les gens ont tendance à relativiser certains problèmes écologiques pour ne pas effrayer les touristes. Pas facile donc de trier le vrai du faux.

J’ai quand même eu la chance de rencontrer des personnes très intéressantes qui m’ont parlé de la thématique environnementale à San Pedro.

Acteurs projets

     César Pizarro, biologiste en gestion des ressources naturelles à la Conaf (administration et gestion du Salar d’Atacama) ; Julie Guirado, une anthropologue passionnée ; Diego Aramayo, responsable de la section environnement à la municipalité.

 

La ressource en eau

     Au Chili, l’eau est un sujet très complexe. L’état n’est pas propriétaire des sources d’eau. Les ressources hydriques sont privatisées et vendues sous forme de « droits d’eau ». Seules de petites quantités sont théoriquement réservées aux communautés indigènes (Aymaras, Mapuche). Mais souvent, leurs droits ne sont pas reconnus. Les nombreux procès visant à faire reconnaître leur accessibilité à l’eau n’aboutissent pas car, comme me l’ont répété plusieurs personnes, c’est l’argent qui l’emporte. Les grosses entreprises du secteur industriel achètent le maximum de droits d’eau pour satisfaire leurs besoins. De plus, les processus de potabilisation et d’assainissement du précieux liquide sont assurés par des entreprises privées.  Il y a donc un marché de l’eau.

     Ici plus qu’ailleurs l’eau est devenue une denrée précieuse. San Pedro, en plus d’être construit à l’aplomb d’une nappe phréatique, est traversé par deux rivières : Rio San Pedro et Rio Vilama. Quatre acteurs se partagent l’eau : les agriculteurs, les professionnels du tourisme, les habitants et les mines. Ces dernières ont acheté et continuent d’amonceler des droits d’eau, diminuant ainsi la quantité restante pour les autres parties concernées.

     L’agriculture et le secteur minier utilisent les eaux superficielles, celles des deux rivières. Depuis une dizaine d’années, le débit n’a cessé de diminuer jusqu’à devenir nul à certaines périodes pour la rivière principale Rio San Pedro. C’est en ce moment-même le cas.

P1100034

     En cause, des mines dont celle de Chuquicamata (voir article précédent) qui, grâce aux droits d’eau, ont installé des déviations à proximité des sources dans la précordillère des Andes. Elles acheminent l’eau directement aux sites miniers pour les processus industriels d’extraction du cuivre par exemple, via de gros tuyaux longeant la route.

      Pour essayer de réguler le débit d’eau, des réservoirs ont été construits en amont du village pour stocker le liquide pendant la nuit, et le libérer la journée, lorsque les besoins sont importants. Il est déversé dans un petit canal bétonné pour minimiser les pertes.

      Ce manque d’eau a engendré pour les agriculteurs de grosses difficultés à irriguer leurs parcelles. Le nombre d’exploitations ne cesse de diminuer et à San Pedro même, il ne reste plus qu’un agriculteur dans le Sud du village. En le survolant, j’ai pu remarquer des terres abandonnées.

P1100099

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 01:23

Problèmes liés à la mine :

     Au Chili, beaucoup de problèmes de pollutions sont associés au secteur minier. La mine de Chuquicamata en est un concentré : pollution atmosphérique, pollution de l'eau et contamination des sols.

(20)

Pollution atmosphérique :

     Le minerai de Chuquicamata est le plus riche en cuivre de la planète mais il contient aussi une teneur élevée en sulfate. C’est pourquoi, lors du process, la fonderie de cuivre émet une grosse quantité de particules de dioxyde de soufre.

(21)     Cet élément toxique se retrouve aussi dans les nuages de poussière libérés par les explosions et par le déplacement des camions dans le puits de la mine. J’ai pu constater la présence permanente d’un épais nuage qui se déplace au grès du vent dans les environs de Chuquicamata.

Le minerai contient 1% de cuivre. Cela signifie qu’après extraction, concassage, broyage et flottation, 99% des roches traitées deviennent des déchets miniers.

(23)

 

Or, ces déchets représentent un volume immense. Les déchets du processus de flottation occupent à eux seuls une surface de 48 km2 ! La photo ci-dessous n’en est qu’un petit aperçu !

(10)

     De plus, ils contiennent encore des minéraux sulfuriques, telle que la pyrite. Celle-ci, en s'oxydant, dégage une grande quantité d'acide sulfurique (4 moles d'acide sulfurique pour 1 mole de pyrite). La fonderie libère aussi de grandes quantités d'arsenic dans l'atmosphère. Les ouvriers qui respirent ces particules sulfurées à longueur de journée n’ont pas le droit de travailler plus de trois ans dans la mine. Carlos m’a expliqué qu’ici plus qu’ailleurs, le nombre de maladies respiratoires tend à augmenter. Calama s’équipe d’ailleurs d’un nouvel hôpital, en ce moment même en construction.

     Dans la description de la mine, j’évoquais une ville abandonnée. Elle s’appelait également Chuquicamata et en 2004, elle a été totalement vidée de ses habitants pour cause de pollution…officiellement. Car sous les fondations de la ville se trouve bien évidemment du minerai ; situation favorable à l’expansion du puits. Lors de la visite du site minier, il nous a été impossible de rentrer dans cette ville désaffectée dont, d’après mes deux compères chiliens qui travaillent dans la mine, la destruction a déjà commencé.

(22)     Au centre de la photo, on voit effectivement qu’un nouveau puits se rapproche des anciennes habitations.

En 1992, la ville avait été déclarée zone saturée en particules respirables et polluants. Mais, c’est seulement 12 ans plus tard que la société CODELCO décida de reloger les habitants à Calama dans des lotissements flambant neufs où je suis actuellement.

 

Contamination de l'eau et des sols :

     La pollution de l'eau a deux origines. Elle découle d’une part du rejet d’eaux usées utilisées lors du processus de fabrication du cuivre et d’autre part de la retombée atmosphérique des particules soufrées sur les montagnes environnantes. Les résidus nocifs sont entreposés à même le sol, dans le Salar de Talabre, où, à l’occasion d’un passage à proximité, Ricardo a insisté sur la toxicité de ce site.

(9)

     L'institut national de recherche agricole du ministère chilien de l'agriculture a examiné la teneur en métaux des sols du Chili, tout particulièrement en cuivre et autres éléments intervenant dans sa production. Ces études entreprises dans les années 80 ont visé à déterminer les effets sur l'agriculture des concentrations élevées en particules d’origine anthropique mesurées dans les sols. Il s’avère qu’à certains endroits, la détérioration des sols a été jugée importante. Les plus grands risques se posent à proximité des zones de minerai de cuivre et donc, autour des installations minières.

     Beaucoup d’infrastructures de la CODELCO sont vétustes et causent des problèmes de pollution. Certaines installations existent depuis 50 ans. Des sites ont même dû réaliser des plans de décontamination, les obligeant à établir des programmes de reconversion, afin de respecter les normes nationales et internationales en matière d'environnement. En surfant sur le site @ de la CODELCO, on apprend que durant la période 1994 - 2000, la société a investi 773 millions de dollars dans des « projets environnementaux » comme la réduction d’émissions de particules polluantes, l’amélioration de l’efficacité d’utilisation des ressources hydriques et énergétiques.

(4)

 

 



     Même si des efforts sont clairement affichés, l’exploitation minière du cuivre au Chili reste néanmoins une activité fortement polluante qui, pour produire un métal dont le prix mondial a bondi de 30% sur la période juin 2009 – juin 2010, est en perpétuelle croissance : 2% par an.

 

A bientôt pour de nouveaux vols !  

                                                                       Smiley paramoteur   

 

Certaines informations proviennent de : www.codelco.com / www.unil.ch / recycling.skynetblogs.be  

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 22:51

 

Après un vol d’une heure, j’atterris, vraiment heureux de ce survol de la mine.

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Ricardo n’aura volé qu’une minute à cause des conditions musclées. Pour le lendemain, je lui propose donc de voler avec la Nucléon. L’après midi, nous partons visiter la mine.

 

Le Chili et ses mines : une grande histoire

     L'exploitation minière est un secteur majeur de l'économie chilienne. L'industrie regroupe pas moins de deux cents entreprises qui emploient au total 87 000 personnes, soit 1,7 % de la main-d’œuvre chilienne. Les productions de cuivre, d'or, d'argent, de minerai de fer ou encore de nitrate, constituent le pivot de cette industrie minière. Le Chili est donc le premier producteur de cuivre, avec un tiers de l'offre mondiale dont les prévisions l’estiment à 16 millions de tonnes pour 2010. Au Chili, on distingue les mines souterraines et les mines à ciel ouvert. Ces dernières sont les plus répandues et exploitées majoritairement par la CODELCO. Cette société d’état est la compagnie minière la plus importante du Chili. C’est elle qui exploite la mine de Chuquicamata.

(19)

Description de la mine :

     La mine de Chuquicamata a débuté son exploitation en 1910 et n’a cessé d’accroître sa production de cuivre et de molybdène d’année en année. Chaque jour, environ 630 000 tonnes de roche sont extraites du puits qui contient à lui seul 13% des réserves de cuivre du monde ! Plus de 8 400 personnes travaillent dans cette mine. En 2009, la quantité de cuivre produite par ces ouvriers s’élevait à 874 748 tonnes et celle de molybdène à 13 067 tonnes.

(12)

     La zone minière se divise en quatre grosses parties : la mine à ciel ouvert (à droite), le site industriel permettant l’extraction et la purification du cuivre (à gauche), les terrils (au 1° plan) et une ancienne ville minière aujourd’hui abandonnée (au centre).

(16)

Le puits principal mesure 4,3 kilomètres de long et 2,3 kilomètres de large ! Chose difficile à s’imaginer : il atteint maintenant la profondeur d’un kilomètre !

(6)

Vous l’aurez compris, tout est énorme ! Certains terrils mesurent 300 mètres de haut (un site idéal pour faire du parapente ^^).

(13)

Ils sont approvisionnés par un tapis roulant de 15 kilomètres et par des camions d’une capacité de 360 tonnes !

(14)Un tel engin coûte 1,8 millions d’euros. Ses 3 400 chevaux engendrent une consommation de 6 000 litres de fuel par jour, soit plus de 4 litres à la minute ! Il mesure 13 mètres de long et 7,5 mètres de haut. Les pneus ont un diamètre de 3,8 m et coûtent 7 000 euros l’unité !

 

De la roche à la plaque de cuivre :

 L'extraction s'effectue à la dynamite. La roche est chargée par d’énormes pelleteuses ou des bulldozers.

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Ces engins dessinent un trou formé de gradins successifs de 26 mètres de haut.

(7)

     Ensuite, le minerai est transporté par les camions jusqu'à la raffinerie puis passe dans un broyeur. Un deuxième broyage en présence d'eau le transforme en une pâte. Après ajout de réactifs et injection d’air qui permet de séparer la boue stérile d’une mousse riche en cuivre, et diverses opérations, on obtient un concentré à 30% de cuivre et 1% de molybdène.

     Ce concentré passe dans des fours, afin d'obtenir des plaques qui serviront d'anodes à la prochaine étape. Elles sont constituées à 99.7% de cuivre. Après avoir passé 12 jours immergées dans une solution électrolytique, elles se présentent sous forme de plaques de 185 kg avec une pureté en cuivre de 99,99 %. Elles sont ensuite refondues pour obtenir des plaques de différentes qualités de cuivre utilisées dans l'industrie.

 

Voici un lien vers une vidéo trouvée sur @ montrant quelques étapes de la fabrication du cuivre (nécessite QuickTime) :

www.unil.ch/webdav/site/gse/shared/recherche/mines/mines1.mov

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 22:37

Jeudi 30 septembre

     Bonjour à tous ! Et merci d'être de plus en plus nombreux à suivre les aventures chiliennes. Je rappelle simplement qu’il est possible d’agrandir les photos en cliquant dessus pour accéder au zoom. Bonne lecture !

Lors d’un précédent article « Premier vol - partie 3 », j’avais promis une présentation détaillée des mines. C’est le sujet de cet article…plus long que les autres à cause de l’ampleur de l’activité minière au Chili.

Message aux enfants des écoles primaires qui suivent l’aventure chilienne : certains passages de l’article sont un peu compliqués mais je vous expliquerai tout quand je vous rencontrerai.

 

      Je me trouve à Calama, une ville au milieu du désert d’Atacama, à 2 300 mètres d’altitude et à 300 kilomètres au Sud-est d’Iquique. Cette ville fait partie de l’itinéraire d’Aéro-Chili car à proximité, se trouve la plus grosse mine à ciel ouvert au monde !

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     J’ai la chance d’être accueilli par deux paramotoristes chiliens, Carlos (photo ci-dessous) et Ricardo, qui ont entendu parler du projet sur un forum de parapente. Ricardo me propose de m’accompagner lors des vols en paramoteur et Carlos propose de m’héberger ! Je ne pouvais pas espérer mieux et j’ai la preuve que la « solidarité paramotoristique » existe bien !  (Pardon pour le néologisme). De plus, il est toujours très intéressant de voler avec des pilotes qui connaissent le lieu. C’est aussi l’occasion de vivre quelques jours dans une famille chilienne, pour découvrir davantage leur mode de vie et tout simplement, discuter et échanger.

DSC01418

 

Récit du vol :

     Comme partout dans le désert, il est difficile de voler. Carlos et Ricardo s’amusent d’ailleurs d’être les seuls paramotoristes de Calama. Le plus souvent, le créneau volable à cette saison est de 8h30 à 9h30 du matin. Avant, il y a trop de vent et après, idem avec des dusts devils (mini-tornades). Après un vol test la veille, j’ai pu effectivement me rendre compte de l’aérologie « amusante ». Une demi-heure après l’atterrissage, sur le trajet du retour, une jolie tornade de poussière se forme devant nos yeux.

      Le lendemain, Ricardo et moi, arrivons au lieu de décollage à 8h30, mais le vent est encore trop fort pour prendre les airs. Ça laisse le temps de préparer soigneusement la machine. Le vent se calme mais Ricardo est loin d’être prêt car son paramoteur est fastidieux à monter. Je lui dis que je vais décoller, prendre de l’altitude et attendre son décollage avant de suivre la direction de la mine.

(1)

 

     Au bout d’¼  d’heure dans le ciel chilien, le vent se renforce et le créneau de vol est déjà bien entamé. Ricardo n’a toujours pas décollé. Je décide alors d’aller vers la mine qui est à 15 kilomètres d’ici. A mi-trajet, je fais un virage pour voir Ricardo, mais il n’est toujours pas en l’air. Je crois que c’est trop tard pour qu’il décolle maintenant. J’accélère donc à fond la voile pour être le plus rapidement au-dessus de la mine. Et plus je m’en rapproche, plus ce monstre de cailloux m’impressionne : un site immense, des terrils aussi élevés que les montagnes, un cratère plus profond que je n’aurai pu l’imaginer et des engins hauts comme des immeubles ! La démesure !

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     Les choses deviennent délicates. La fumée dégagée par le site industriel de la mine indique un cisaillement : la direction du vent dans les 500 premiers mètres de hauteur est opposée à celle des altitudes supérieures. Ce phénomène engendre de violentes turbulences. Après avoir mitraillé avec l’appareil photo, je prends la direction du retour. Mais, les secousses prennent de plus en plus d’amplitude. J’enclenche alors la « speed-barre » de la Nucléon (voile de parapente) : un dispositif qui permet de diminuer le risque de fermeture et d’augmenter la vitesse. Par contre, ça exige plus de puissance moteur.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 20:12

 

     La ville était très bien organisée. Les habitants disposaient de tous les commerces nécessaires, d’une école, d’un hôpital et d’une église. Chose insolite en plein désert : les enfants pouvaient profiter d’une piscine avec plongeoirs !

DSC01211

 

     Tout cela est aujourd’hui abandonné et, étant le seul humain à parcourir cette ville fantôme, je me dis que l’expression « où le temps semble s’être arrêté », prend tout son sens. Les habitations sont organisées selon un quadrillage régulier constitué de maisons simples à un étage avec un toit en tôle. Le vent s’est fortement levé et le bruit des tôles qui claquent violemment me fait penser qu’à cette heure-ci, je suis mieux au sol qu’en l’air.

P1040028-copie-1.JPG

     Les ouvriers mariés vivaient dans des maisons individuelles alors que les célibataires étaient regroupés dans des dortoirs communs surveillés…mieux valait être marié. La vie des mineurs était difficile avec une discipline et des conditions de travail exigeantes. C’est pourquoi, comme un peu partout dans les mines chiliennes, des mouvements sociaux apparurent et aboutirent à la création de syndicats.

 

     Dans les années 1950, à cause de la concurrence de l’engrais de synthèse beaucoup moins coûteux à produire, l’activité de l’usine d’Humberstone déclina rapidement. En 1960, abandonné de tous ses ouvriers, le site ferma définitivement, marquant la fin de l’époque fleurissante du nitrate.

Humberstone devint alors une ville fantôme.

P1040049

     Ce vestige a une réelle valeur sociale puisqu’il témoigne d’un bouleversement économique profitable au Chili il y a un siècle, suivi par une reconversion difficile d’un pays dont l'économie a dépendu en grande partie d'une activité unique ayant décliné.

 

En bonus : à proximité d’Humberstone, voici des photos de bains de décantation d’une usine d’extraction d’iode.

P1040035P1040033-copie-1.JPG 

 

Certaines informations ont été recueillies à partir du site : cousinsmigrateurs.com


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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 20:04

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Humberstone se situe à 1 000 mètres d’altitude dans le désert le plus aride du monde : le désert d’Atacama. Ici, il n’y a que du sable et des cailloux.

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     A cet environnement particulier s’ajoute un vent quasi permanent et des amplitudes thermiques allant jusqu’à 40°C entre le jour et la nuit. J’ai failli oublier le plus important : dans la région d’Humberstone, il y avait les plus grandes ressources de salpêtre au monde ! C’est cette présence de gisements de nitrate naturel d’une qualité supérieure qui est à l’origine de l’édification de la ville d’Humberstone.

      L’extraction du nitrate fait partie intégrante de l’histoire du Chili. Avant la colonisation, les indiens utilisaient déjà le salpêtre comme engrais. Quant aux colons espagnols, ils en découvrirent les propriétés explosives. Au début du XIXième siècle, les propriétés fertilisantes du nitrate furent utilisées en Europe et les importations de salpêtre chilien commencèrent. La demande fut croissante et le Chili s’imposa comme l’acteur majeur du marché mondial. C’est dans ce contexte que fut construite en 1872, l’usine « Oficina La Palma » qui, suite à un développement rapide, donna naissance à une véritable petite ville : Humberstone.

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Humberstone est organisée en deux parties : l’usine est à 200 mètres au Sud, la ville. L’ensemble est surplombé par un terril, reste de l’extraction du nitrate.

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A perte de vue autour d’Humberstone, on a l’impression que tout à été raclé et ratissé pour approvisionner l’usine en minerai.

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     A son apogée en 1940, pas moins de 5 000 mineurs chiliens, boliviens et péruviens vinrent s’installer dans cette ville minière. On s’imagine difficilement, en marchant dans les rues abandonnées d’Humberstone, que la vie y était dynamique. Autour de la place principale, il y avait un hôtel qui paraît-il était fréquenté par le gratin de l’industrie et par des stars internationales se reposant après une représentation sur les planches du théâtre de 800 places.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 18:41

 

Samedi 25 septembre

 

Bonjour à tous ! Et merci encore pour vos commentaires et vos encouragements. Même s’ils ne sont pas toujours publiés, je les lis avec grand plaisir.


      Je suis depuis deux semaines à Iquique, une grande ville de la côte pacifique, à 400 km au sud de la précédente étape de Putre. J’en ai profité pour me reposer après un coup de froid attrapé lors d’une nuit sous tente à -20°C dans les montagnes de l’Altiplano. Je suis avant tout resté à Iquique pour préparer un vol difficile dans le désert : le survol d’Humberstone, la ville fantôme !

Je rappelle simplement que pour afficher l'image en pleine page, il suffit de cliquer dessus.

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     La principale difficulté de voler dans des conditions désertiques est l’aérologie très dangereuse. Le seul créneau de vol possible ne dure qu’une heure, dès le lever du soleil. Car plus tard, un vent violent s’installe accompagné de Dusts devils. Il s’agit de mini-tornades fréquentes dans le désert qui entraîneraient à coup sûr la fermeture du parapente. Il faut donc que je sois en l’air à 6h30. Le problème, c’est qu’Humberstone est à 45 km d’Iquique et qu’à cette heure matinale, il n’y a pas de bus. Je doute qu’un autre véhicule accepte de me prendre en stop avec le paramoteur.

Mais tout va s’arranger, et c’est l’occasion de rendre hommage à l’hospitalité chilienne qui une fois de plus, dépasse ce que j’aurais pu imaginer. Il y a une semaine, j’ai fait la rencontre de Jeff, un « Chilien-Canadien » qui, en plus de m’avoir parlé longuement du Chili avec passion et m’avoir hébergé, me propose de m’emmener à Humberstone en voiture ! Sans lui, ce vol n’aurait pas été possible.

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      Il y a une autre contrainte à prendre en compte : Humberstone est classé au patrimoine mondial et je ne tiens pas à avoir d’ennui avec les carabineros (police chilienne). Il faudra donc trouver un lieu de décollage suffisamment isolé et voler à une hauteur minimale de 500 mètres pour ne pas réveiller la police. Heureusement que l’appareil photo a un bon zoom ^^.


      Le grand jour arrive. Nous nous levons à 5h45 et direction le désert. Au fur et à mesure du trajet, j’observe grâce aux quelques drapeaux en bord de route un vent déjà fort, qui forcit ! Mince ! Je doute sérieusement d’un possible décollage. Nous arrivons au lieu voulu ; je sors de la voiture et miracle : 10 km/h de vent, pas plus ! Vite : je décharge le matériel et le prépare. J’allume le moteur, gonfle le parapente, commence à courir et quitte petit à petit le sol ! Je suis tellement content que j’hurle : « Yeees !!! » (au risque de réveiller les policiers  ^^).

P1040071Le panorama est somptueux. Je vole une petite demi-heure pour être sûr d’atterrir avant que le vent ne se lève. Ensuite, je pars visiter ce que j’ai photographié pour recueillir davantage d’informations.

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Published by julien barbier
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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 01:49

P1010181

Sur cette photo, on perçoit mieux l’organisation de Putre qui s’apparente à une île : les habitations au centre, les cultures en périphérie, des ravins de part et d’autre et une seule route goudronnée au premier plan permettant l’activité économique du village.

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Pour finir, un cliché en trois bandes horizontales : l’Homme (bande inférieure) exerce son activité (bande du milieu) dans environnement difficile (bande supérieure).

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

PS : Il me reste de la place alors voici d'autres photos sans commentaire.

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