Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 23:38

Bonjour à toutes et à tous,


L’exposition Aéro-Chili est visible à la médiathèque de Vandoeuvre du 10 janvier au 4 février.
Pour l’occasion, l’exposition a bénéficié d’un « lifting » avec de nouvelles photos, une mise en scène originale et une vidéo. Seront aussi présents le paramoteur et la voile de parapente m’ayant permis de voler au dessus du Chili !

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Le vernissage aura lieu le mercredi 11 janvier à 18h à la médiathèque. Ce sera l’occasion de commenter les photographies, de révéler quelques anecdotes de l’aventure et également de discuter de l’actualité chilienne : révolte des étudiants notamment.


Au plaisir de vous y retrouver,
Julien   

Par julien barbier
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 21:48

Bonjour à toutes et à tous,


L’exposition dans la galerie d’Art Contemporain Tem à Goviller est maintenant démontée. Ce sont 140 visiteurs qui s’y sont rendus lors des quatre dimanches du mois d’octobre. Un remerciement tout particulier à l’association Tem Expo, à la maîtresse des lieux : Aline et aux autres personnes qui ont tenu l’exposition.

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Une conférence Aéro-Chili aura lieu aux Halles de Vézelise, le samedi 12 novembre à 20h30, l’entrée est libre.

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Une deuxième conférence se tiendra le vendredi 18 novembre à la salle municipale de Basse-Ham, près de Thionville, à 20h. Elle sera accompagnée de l’exposition photographique le samedi et dimanche après-midi, de 14h à 18h.

Une troisième le samedi 26 novembre à Dijon, Maison des Associations, 14h.


Pour finir, une interview diffusée sur France 3 la semaine dernière.


Hasta luego

Par julien barbier
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 00:00

Bonjour à tous,


Voici aussi une interview réalisée par Pascale Michotte, diffusée sur la radio RCF Jerico.

 

 

 

Rendez-vous chaque dimanche du mois d'octobre à Goviller pour l'exposition Aéro-Chili dans la galerie TEM (voir article précédent)

 

Hasta luego !



Par julien barbier
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 21:51

Bonjour à tous,

 

Au mois de juillet, j’ai eu le plaisir d’assister à la pièce de théâtre Aéro-Chili mise en scène par Hélène Merlin.

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     Lorsque j’étais au Chili, je tenais régulièrement à jour un journal de bord. A partir de quelques extraits, Hélène Merlin a créé une pièce originale mêlant la réalité à l’imaginaire, l’aventure aux rencontres, et la poésie au vol en paramoteur.

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Un grand bravo au 10 jeunes comédiens et un sincère remerciement à l’initiatrice du projet.




Après un départ au Mondial Air Ballon de Chambley, l’exposition chilienne fera étape à Goviller (54).

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L’espace d’Art Contemporain Tem vous invite à venir partager cette expérience illustrée de photographies aériennes. A travers 50 clichés grands formats, vous serez porté au gré du vent, de la Cordillère des Andes à l’île mystérieuse de Chiloé, en passant par le désert d’Atacama…

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Dimanche 9, 16, 23 et 30 octobre 2011

De 14h à 19h

Tem

55 Grand-Rue

54330 GOVILLER

 

Entrée libre

 

Au plaisir de vous y retrouver.

Par julien barbier
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 14:57

Bonjour à tous,

Plus de 4 000 photographies aériennes ont été réalisées lors du projet au Chili. Je vous propose de retrouver les meilleures lors d’une exposition « grand format » qui se tiendra du 22 au 31 juillet 2011 au Lorraine Mondial Air Ballons à Chambley Planet’Air.

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Au plaisir de vous y retrouver

Par julien barbier
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 15:24

Bonjour à tous,


     Cette période de l’année est consacrée au partage d’expérience résultant de l’aventure chilienne. Une conférence s‘est tenue le 29 avril dernier à Goviller.

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     Après avoir rencontré une quinzaine de classes du département pour parler du projet Aéro-Chili aux élèves et les sensibiliser aux enjeux du développement durable, une conférence publique se tiendra le mercredi 8 juin, à 18h, à l’espace Yves Coppens (4 allée de Marken) à Vandoeuvre-lès-Nancy (entrée libre, confirmation souhaitée : 03.83.51.89.39 - Anne Mouilleron).

 

Au plaisir de vous y retrouver.

Par julien barbier
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 20:15

Bonjour à tous,

 

Voici le complément d'informations concernant le peuple Mapuche.

 

     Les Mapuches (peuple de la Terre) constituent le principal groupe indigène du Chili. C’est la première et la seule nation indigène des Amériques dont la souveraineté et l’indépendance ont été juridiquement reconnues. Mais cette reconnaissance n’a été gagnée qu’après une lutte qui a duré des générations.

Mapuches

     Originaires de cette région de l’Araucanie, les Mapuches subirent pendant 300 ans les attaques du royaume d’Espagne. Aujourd’hui encore, ils subissent la pression de l’état chilien. Depuis le début de leur résistance, les 100 000 km² de leur vaste territoire se sont réduits à 5 000 km² de reducciones (zones de peuplement).

     Malgré le traité de Killin, conclu en 1641 avec l’empire espagnol pour renforcer l’autonomie territoriale de Mapuches, et les 28 autres accords qui ont jalonné deux siècles de relations diplomatiques tendues, cette population reste menacée d’extinction, tant physique que culturelle. A la fin des années 1800, les armées chilienne et argentine ont massacré 100 000 d’entre eux. Aujourd’hui, ils représentent 4 % de la population chilienne.

Mapuche

     La réforme agraire lancée entre 1965 et 1973 permit d’améliorer le sort des Mapuches. Mais le coup d’Etat militaire de 1973 a anéanti beaucoup d’avancées obtenues et la dictature de Pinochet fut très oppressante envers ce peuple indigène. Depuis le retour de la démocratie en 1989, le peuple Mapuche a remporté quelques succès minimes dans sa longue lutte pour obtenir réparation et récupérer ses terres. Cependant, de puissants intérêts commerciaux sont parvenus à annuler un grand nombre de décisions de justice visant à leur accorder des parcelles de terres. Les procès initiés par les Mapuches sont perdus d’avance…

     Aujourd’hui, beaucoup de Mapuches ont immigré dans les villes. Ceux qui restent sur le territoire de leurs ancêtres (le Wallmapu) sont organisés en quatre régions géographiques (Meli wixan-mapu), constituées chacune d’un ensemble de 8 districts (aylla rewe). Ces districts sont composés à leur tour de communautés désignées par le mot lof.

     Comme le rapporteur spécial de l’ONU, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme dénoncent la politique oppressive de l’état chilien. A Temuco, des manifestations se déroulent quasi quotidiennement.

Manif

     Les touristes, les réalisateurs de cinéma et les journalistes étrangers ne sont eux-mêmes pas à l’abri. Il est fréquent de subir les interrogations de la police pour avoir visité des communautés mapuches qui revendiquent la propriété de leurs terres. A titre d’exemple, deux réalisateurs français on été arrêtés en mars 2008 pour avoir parlé à un dirigeant mapuche.

violence

     Aujourd’hui dépossédés de la majeure partie de leurs terres ancestrales, ils vivent grâce à une très petite agriculture et à l’artisanat.

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     Ils poursuivent leur lutte et réussissent à conserver tant bien que mal leur langue (le mapudungun : la langue de la terre), leur religion et leur structures socio-politiques. Le chemin pour gagner leur liberté et leur indépendance contre l’état chilien est encore long. En effet, la balance entre les intérêts financiers participant au développement du pays d’une part et la reconnaissance de la propriété de la terre, des attaches ancestrales des Mapuches d’autre part, leur est souvent défavorable.

Manifestation

     C’est dans ce contexte que 32 prisonniers politiques mapuches ont mis fin, le 9 octobre dernier à une grève de la faim longue de 85 jours. Ils protestaient contre l’application de la Loi anti-terroriste au nom de laquelle 96 militants mapuches ont été arrêtés. Cette loi permet aux tribunaux militaires de juger des civils, et d'auditionner des témoins "protégés" dont les déclarations sont anonymes. Largement appliquée pendant la dictature de Pinochet contre les militants de gauche, les prisonniers mapuches sont aujourd'hui les seuls à se voir appliquer cette justice à deux vitesses. A cause de cette loi ("présomption de culpabilité"), les accusés sont judiciairement dépourvus de tous les moyens de défense du Droit commun. Cet élément témoigne de la marginalisation grandissante que subit ce peuple.

Par julien barbier
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 00:15

Bonjour à tous !


     Ceci est le dernier article écrit depuis le Chili. Il vient conclure une aventure aérienne et humaine de plus de cinq mois qui m’a emmenée du désert d’Atacama au Nord, à la mystérieuse île de Chiloé au Sud, en passant par la région centrale tournée vers l’agriculture.

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     Ce périple a été pour moi synonyme de découvertes et de rencontres. En effet, j’ai eu la chance d’être accueilli par des Chiliens qui à chaque fois m’ont fait découvrir des choses qu’il ne m’aurait pas été possible de connaître en restant seul dans un hôtel.

     Sans eux, Aéro-Chili n’aurait certainement pas présenté cette dimension de proximité. Merci à tous les Chiliens que j’ai rencontrés sur ma route et à bientôt en France !

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     C’est dans ce contexte que j’ai appris à connaître le Chili et à en comprendre les nombreux enjeux environnementaux, sociaux et économiques. En couplant à chaque fois les vols en paramoteur...

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...avec un travail de prise d’information au sol en rencontrant les protagonistes de la manière la plus simple qui soit, j’ai pu approfondir les découvertes tout en tenant compte du peu de temps dont je disposais pour chaque étape.

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     Au travers ce blog, j’ai pris un grand plaisir à partager les réalités du Chili, du moins celles que j’ai pu voir. Ceci était d’autant plus motivant que vous étiez nombreux à suivre les aventures chiliennes. Je m’excuse aussi de ne pas avoir toujours répondu aux commentaires, mais il est vrai que la fin du périple était chargée en découvertes.

P1060110     J’ai notamment volé à Futrono où j’ai visité une exploitation tout à fait particulière de 475 vaches laitières (photo ci-dessus). A Osorno, j’ai eu la chance de rencontrer deux frères, Olivier et Christian, propriétaires d’une scierie de taille moyenne. Cela m’a permis de suivre la filière du bois puisqu’à Cauquenes, j’avais visité une grosse exploitation forestière. Plus au Sud, j’ai fait de magnifiques vols à Puerto Montt (photos ci-dessous) et sur l’île de Chiloé où les conditions météorologiques étaient pour le moins froides et pluvieuses mais où l’hospitalité des habitants était chargée de chaleur. J’ai pu en apprendre davantage sur la puissante industrie du saumon et de la moule.

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     J’ai passé la dernière semaine du mois de janvier dans une famille, à l’extrême Sud du Chili dans la ville de Punta Arenas où il fût impossible de voler avec des vents atteignant parfois 130 km/h.

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     Il me reste donc beaucoup de choses à partager lors de la seconde partie d’Aéro-Chili qui constituera une étape de sensibilisation. Je mettrai en place un partage d’expériences à travers une exposition photo, des conférences, des rencontres avec des élèves d’école primaires et de collèges lorrains.


feneon 5468r     Merci à vous d’avoir suivi l’aventure. Je dois énormément à ceux qui m’ont apporté une aide logistique ou financière, quelle qu'elle soit : collectivités territoriales, entreprises ou particuliers ; merci de m’avoir fait confiance. Notamment, merci aux Amis de Gérard Fénéon (photo ci-dessus) et à la société Dudek (parapente) qui a été la première à me suivre. Je tiens aussi à remercier les amis et la famille pour leur aide, leurs conseils dans la préparation du projet et pour leurs messages réguliers. Mon dernier remerciement ira à une personne qui occupe une grande place dans mon cœur : merci pour ta présence et ta patience, je t’aime !

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Cet article n’en serait pas un s’il ne finissait pas de cette manière :

A bientôt pour de nouvelles aventures !

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Par julien barbier
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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 03:43

Bonjour à tous !


     Je me trouve à Villarrica, dans la région IX appelée la région de l’Araucanie. C’est une terre qui abrite depuis des siècles le peuple Mapuche.

     Cela faisait longtemps que l’idée me trottait dans la tête : voler près du Volcan Villarrica.

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     Ce volcan est encore en activité. Sa dernière éruption importante date du 22 novembre 2009. Mais c’est en 1971 que l’éruption fut la plus violente. 30 millions de m3 de lave jaillirent des entrailles de la terre.

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     La coulée la plus importante s’étendait sur 14 kilomètres de long pour 200 mètres de large. Cette année-là, l’éruption entraina la fusion d’une partie du glacier et la formation de coulées de boue qui s’engouffrèrent dans les vallées, détruisant tout sur leur passage et tuant une quinzaine de personnes.

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     On distingue une coulée de lave sur la pente du volcan. Il occupe une superficie de 100 km2 pour un volume de 40 km3 ! Il est vraiment impressionnant. En vol, je me sentais tout petit.

 

     Le sommet enneigé…En hiver, il est possible de faire du ski sur les pentes ouest du volcan.

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     Chaque jour, le Villarrica crache de la lave, des cendres et de la fumée visible à des centaines de kilomètres à la ronde.

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     Haut de 2 847 mètres, le volcan Villarrica domine la localité désormais touristique de Pucón. Cette ville est posée dans un cadre enchanteur, au bord du lac Villarrica :

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     Une photo prise le soir même du vol :

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     Au premier plan, le lac de Villarrica ; au second, le lac Calafquén.

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Simon, j’ai fait ce vol en pensant à toi, il t’est dédié.

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Au pied du volcan

 

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     Le volcan parait proche mais se situe à 30 km à vol d’oiseau de la ville de Villarrica.

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     On remarque la traditionnelle organisation en pâtés de maisons.


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     Ici commence le río Toltén, principale source d’eau pour l’agriculture régionale.

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     Cette rivière a longtemps servi de frontière entre les peuples Mapuche et Huilliche.

 

Le peuple Mapuche

 

Cette partie sera publiée lorsque je serai revenu en France car il est délicat d'en parler ici.

 

Les paysages environnants

 

Les sommets de la Cordillères des Andes :

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Les environs sont parsemés de lacs.

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     A gauche, il s’agit du lac Huilipilun. Au fond, c’est le lac Colico. Le sommet enneigé est le volcan Llaima, culminant à 3 125 mètres, dont la dernière grosse éruption remonte au 1er janvier 2008.

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     Le secteur est aussi très boisé.

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     Il y a majoritairement des bosquets avec quelques forêts.

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     Plus on progresse vers la Cordillère, plus les montagnes sont boisées. J’ai fait une randonnée dans le parc national Huerquehue où les flancs de montagnes sont peuplés par la forêt native.

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Une vue imprenable sur le volcan Villarica.


     Le parc couvre une superficie de 12 500 hectares et regorge de cours d’eau, de cascades et de lacs d’altitude. Au total, il y a vingt lacs qui, approvisionnés par la fonte des neiges se déversent ensuite dans le río Toltén.

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     Le parc présente une grande richesse d’essences d’arbres qui ont la particularité de s’étager suivant l’altitude :

Etagement des arbres

 

     Le parc est réputé pour abriter une espèce endémique du Chili : l’araucaria. C’est un arbre à l’apparence particulière puisque ses feuilles ressemblent à des écailles triangulaires. Les trois espèces d’araucaria sont protégées. Si un touriste a le malheur de déterrer un jeune arbre, c’est la prison !

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     Le parc compte des araucarias âgés de 2 000 ans ! Il s’agit par exemple de l’arbre visible sur la ligne d’horizon, à gauche de la photo ci-dessous. Au Chili, certains atteignent 3 000 ans d’âge !

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A bientôt !

Par julien barbier
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 07:36

 

Bonjour à tous !

 

     Cela fait cinq mois que je vis au Chili. De par l’étendue du pays, les modes de vie ne sont pas tout à fait les mêmes au Nord, au centre ou au Sud du pays. Voici donc une description très générale qui permet de mieux appréhender la vie chilienne.

drapeau chili

Transports 

 

     Les bus et les taxis sont des moyens de transport très utilisés ici du fait du prix d'achat élevé des voitures.

DSC08018     Pour les trajets urbains, les gens privilégient les taxis collectifs. Les chauffeurs prennent jusqu'à quatre personnes à bord de leur véhicule et se partagent les destinations par secteur. Le tarif est généralement de 350 pesos ce qui vaut approximativement 0,50 euro.

     Les bus remplacent en quelque sorte nos trains puisqu'au Chili, le transport ferroviaire est cher et peu développé. Pour les longs trajets de plusieurs centaines de kilomètres, de nombreuses compagnies de bus existent. Les plus utilisées sont Tur-Bus et Pullman.

DSC08016      Les bus sont généralement à deux étages correspondant à deux classes : la première appelée « Salon Cama » se trouve au premier étage. Elle dispose de confortables fauteuils presque totalement inclinables. La seconde, appelée « Semi-cama » est un peu moins confortable.

     Dans chaque bus, on retrouve plusieurs employés : un pour mettre les bagages en soute, vérifier les billets et distribuer les repas ; et deux chauffeurs qui se relayent au cours du trajet pour ne pas dépasser leur quota de cinq heures de conduite.

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     La vitesse autorisée est de 100 km/h sous peine qu'une sonnerie retentisse dans le bus de façon à prévenir les passagers. Les bus sont aussi équipés de toilettes (baño). Alors quand la dernière place disponible se trouve à côté et que les odeurs ont le temps de vous réveiller pendant les heures de trajets, on est content ^^.

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     De par l’étendue du pays, le transport aérien est souvent utilisé ; avec comme principale compagnie : LAN.

     A Santiago, il est possible de prendre le métro. Pour moins d’un euro, le transport est efficace, propre et bien surveillé. Les cinq lignes sont ouvertes de 6h30 à 22h30. Le réseau de bus de Santiago appelé le Transantiago est aussi très efficace…depuis peu. Jusqu’en 2005, le service était assuré par d’innombrables compagnies privées. Le nombre de bus grandissant, la circulation était devenue infernale. Les compagnies ont décidé de fusionner pour d’avantage d’efficacité et de cohérence. Les débuts furent très chaotiques, mais aujourd’hui, le service de bus est très performant.

 

Conduite


     Dans l'ensemble, les Chiliens sont respectueux du code de la route.

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     Il y a trois infractions qui entrainent une très grosse amende et sur lesquelles les Carabineros (policiers) sont intransigeants : l’utilisation du téléphone portable en conduisant, le refus de priorité aux piétons et l’emploi injustifié du klaxon.

DSC05147     Bon, je rigolais mais eux un peu moins :)

     La vitesse en ville est en générale limitée à 70 km/h. Sur autoroute, c’est 120 km/h maximum.

     Les routes, que ce soit dans les grandes villes ou dans les villages sont très souvent à sens unique. Le sens de circulation est toujours indiqué par une flèche précédant le nom de la rue.

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     Le permis de conduire est loin d'avoir un tarif similaire au permis français. En effet, il ne coûte que 20 euros !

 

     La Panaméricaine est une route incontournable du Chili. Dans ce pays, elle s’étend sur 3000 km d’Arica au Nord, jusqu’à Quellon, sur l’île de Chiloé plus au Sud.

P1000712     C’est l’une des routes internationales les plus longues du monde. Elle est également connue sous le nom de Route 5. Elle commence à Fairbanks en Alsaska, passe par Denver, Mexico, Lima et se termine à Quellon. Au total, elle permet de parcourir 24 000 kilomètres.

 

Système de santé


      Le fait d’être employé implique une affiliation systématique à la sécurité sociale. On distingue le système public des assurances privées. Les assurés qui choisissent de ne pas bénéficier du régime public (moins performant) doivent souscrire un contrat auprès d’un organisme d’assurance maladie privée.

 

     Depuis 2003, quel que soit son affiliation à une assurance, l’état chilien a pris la décision que certaines maladies (une cinquantaine) sont systématiquement prises en charge. Au-delà de ces cinquante maladies, la prise en charge des soins est liée au choix de l’assurance. Autrement dit, seules les personnes ayant des revenus suffisants peuvent se permettent d’adhérer à une assurance privée, donc de bénéficier du remboursement complet de leurs soins médicaux.

 

     Au niveau de l’accès aux soins, il faut distinguer le système public du système privé. Dans le premier cas, mieux vaut être patient pour obtenir un rendez-vous : deux mois pour un mal de dents ! Dans le second cas, les soins assurés dans les cliniques sont de très bonne qualité. Toutefois, les tarifs appliqués sont très élevés.

 

     Les pharmacies sont nombreuses dans tout le pays et l’on trouve facilement les médicaments souhaités. Néanmoins, le coût imparti à l’achat des médicaments est, dans la majorité des cas,  à la charge du patient.

   

Monnaie

 

     L’unité monétaire est le peso chilien. En ce moment (au 20 janvier 2011), 1 euro est égale à 658 pesos ($). Les billets sont de $1.000, $2.000, $5.000, $10.000 et $20.000. On trouve des pièces de $1, $5, $10, $50, $100 et $500.

 

 

Alimentation 

 

Heure des repas : Les Chiliens prennent leur repas plus tardivement qu’en France. Le déjeuner est vers 14h-15h, tandis que le dîner, ici appelé « Once », se prend vers 21h-22h.

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Le petit déjeuner et le dîner sont généralement assez similaires même si l'on retrouve des aliments plus connus en France pour le premier : céréales, yaourt, lait.

En règle générale, ces deux repas sont composés de petits pains ronds, de beurre, confiture, fromage frais, charcuterie (jambon, pâté, saucisse de jambon), servis avec du thé, café ou lait.

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Déjeuner : identique au nôtre, à la différence près que l'on trouve beaucoup de crudités telles que des tomates, de l'avocat et de la salade. Le dessert est souvent facultatif : fruits s'il y a lieu.

 

Spécialités :

 - empanadas : c’est la spécialité nationale du Chili. Ce sont de petits chaussons, cuits au four ou fris, remplis de fromage, de fruits de mer ou de morceaux de viande avec de l’oignons, une olive et une rondelle d’œuf.

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- completo : hot-dog garni d'une purée d'avocats, de petits morceaux de tomates, d'une saucisse ; le tout généreusement recouvert de mayonnaise.

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- sopaipillas : sorte de petites galettes sucrées ou salées qui sont frites dans l’huile.

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- chorrillana : gros plat de frites recouvertes d'un mélange d'oignons, de viande, de saucisse et d'un œuf sur le plat ou de fromage. On le déguste à plusieurs directement dans le plat.

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- humitas : purée de maïs emballée dans une feuille de maïs, le tout cuit à la vapeur.

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- manjar : aussi appelée « dulce de leche », c’est un peu la réputation du Nutella en France,  sauf qu’il s’agit de lait concentré avec un goût de caramel. J’en suis devenu accro…

- mote con huesillo : grains de blé qui reposent dans une décoction de pêches séchées. 

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- pisco : l'alcool national du Chili !

 

Où s’alimenter ?

     En ville, chaque quartier possède plusieurs supermarchés de taille moyenne. Les deux principales enseignes d’hypermarchés et de supermarchés sont Jumbo et Lider. On peut également citer Unimarc. Les grands supermarchés sont bien approvisionnés. On y trouve aussi bien des produits locaux que des aliments importés.

     Enfin, chaque quartier est doté d’une multitude de petites épiceries qui vendent des produits de base.

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     N’oublions pas non plus les marchés hebdomadaires qui fournissent aux habitants une multitude d’étals de fruits et légumes, des stands de poisson et de viande.

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Les prix : Ils peuvent varier du simple au triple en fonction du lieu où l’on se trouve (grandes villes – petits villages). Si l’on veut consommer des produits identiques à ceux vendus en Europe, il faudra mettre le prix. Par contre, les produits locaux sont économiques (comptez environ un tiers de moins que le tarif français). En moyenne, on peut dire que les produits alimentaires sont ¼ à 1/3 moins chers qu’en France.

 

Conditionnement : Le conditionnement des produits chiliens est différent du nôtre. Davantage d’aliments sont vendus à l’unité. On peut citer par exemple les yaourts. De plus, la confiture ou encore certains yaourts sont conditionnés dans des poches et non dans des pots. Les boîtes de conserve existent mais sont beaucoup moins utilisées qu’en France notamment pour les légumes. Les Chiliens préfèrent les produits frais à ceux en conserve, d’autant plus qu’on en trouve facilement dans les supermarchés ou encore sur les marchés.

 

 

 Rythme de vie


Ambiance générale :

Vie-Chilienne 4273     Les rues chiliennes sont à l’image du tempérament de leurs habitants, c’est-à-dire accueillantes et vivantes. Les gens sont souriants ! Ça fait du bien !

DSC04340     Les nombreux stands qui bordent les rues animent les quartiers. En période de Noël, les multiples ateliers d’emballage de cadeaux encombraient joyeusement les trottoirs. A tous ces éléments s’ajoute la fermeture tardive des commerces (aux environs de 22h).

   

Travail : La question du chômage est loin d’être d’actualité au Chili du fait des nombreux petits « boulots » qui existent. Par exemple, dans les supermarchés, des employés sont payés pour mettre les courses dans des sachets…  

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…ranger les caddies ou orienter les automobilistes vers les places de parking disponibles.

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     Dans les rues, pas la peine de chercher les parcmètres, il n’y en a pas. A la place, on trouve dans chaque rue une personne qui passe sa journée à aider les conducteurs à se garer et à encaisser l’argent.

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     Autre exemple, chaque pharmacie est munie d’un agent de sécurité. Pour faire le plein d’essence de la voiture, pas besoin de sortir, il y a systématiquement un employé qui s’en occupe.

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     Les Chiliens sont loin d’être aux 35 heures. En règle générale, ils travaillent presque le double de nous mais leur rythme de travail est loin d’être aussi efficace. A temps égal, ils seraient beaucoup moins productifs. A contrario, ils sont moins stressés et donc beaucoup plus détendus dans leur journée de travail. Toutefois, ce trait de caractère entraîne souvent une absence de ponctualité alors petits Français désireux de visiter le Chili, armez-vous de patience !

Un Chilien dispose de 3 semaines de congés par an.

 

     Pour une femme, le mariage est très important. Il passe avant la carrière professionnelle. Une femme de 20-22 ans songe d’abord à se trouver un mari. Il est fréquent de voir des jeunes de mon âge, mariés, avec un enfant. Au Chili, les familles ne sont pas très nombreuses : de 1 à 4 enfants en géréral.

 

Mixité sociale : Les Chiliens se « mélangent » très peu entre catégories sociales différentes. Plusieurs familles de classe moyenne qui m’ont accueillies m’ont par exemple dit qu’il était très difficile d’avoir une conversation « profonde » et de lier une relation d’amitié avec des gens au revenu plus modeste. La majorité des Chiliens pensent que ce n’est pas possible de se mélanger.

   

Système scolaire


     L’école est obligatoire à partir de 6 ans.  Avant cet âge, les enfants sont soit gardés par leur mère, soit placés dans un jardin d’enfants (structure assez similaire à une crèche). L’enseignement public jouit d’une très mauvaise réputation. Dès que les parents ont  suffisamment d’argent, ils mettent leurs enfants dans une école privée, ou semi-privée.

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     Au Chili, il n’y a pas de BAC, mais le PSU. C’est un examen qu’on passe à 18 ans et qui, selon le pourcentage de réussite permet de prétendre à l’université de son choix. Le marché des universités privées est devenu un vrai business ! Elles se livrent une concurrence acharnée. Ce mois de janvier correspond à la période d’inscription des étudiants. Les pancartes publicitaires, les spots télévisés pour vanter les mérites de l’université ont envahi les médias.

 

 Musique

 

     La musique chilienne contemporaine est très diversifiée. Elle va des mélodies révolutionnaires des années 70 au folklore andin, en passant par les standards internationaux,  le hip-hop, et surtout le reggeaton. Ce style de musique très entrainant est arrivé en 2004 au Chili et depuis, c’est la musique de la fête, des discothèques. Voici un clip de cette musique couleur latine qu’on entend très souvent :

 

 

La danse traditionnelle chilienne est la Cueca. Vous remarquerez la tenue traditionnelle du Huaso :


 


 

 

Hygiène


     Au Chili, il n’y a pas de douche, ni de savon ; alors on fait comme on peut.

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A bientôt !

Par julien barbier
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 11:37

¡Hola, hola!

 

     En décembre 2009, j’avais signé un partenariat avec la FIMA  dans le cadre du projet Aéro-Chili. A la fin du mois de novembre 2010, j’ai rencontré cette ONG pour définir plus précisément les modalités du partenariat  (voir l'article sur Santiago). Aujourd’hui, je suis arrivé à Curanipe pour mener à bien cette collaboration.

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     J’ai été accueilli par Gisele et Rodrigo de la Ô qui m’ont hébergé dans leur maison. Rodrigo est garde-côte à Curanipe. Il s’occupe d’un secteur côtier de 130 kilomètres ! Il est mandaté par le FIMA pour réaliser un projet original et de grande ampleur appelé « Vigilante Costero Maule Itata ».

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     Avec une population qui augmente et une attractivité touristique en pleine explosion, l’environnement est soumis à davantage de risques de dégradations et de pollutions. Rodrigo a pour mission d’assurer autant que possible une cohésion entre le développement économique du secteur et le respect des ressources environnementales. Le projet se concentre sur la protection des eaux côtières et des eaux douces. En effet, la zone est parsemée d’innombrables rivières se jetant dans l’océan.

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     Sur ces photos coule le Río Chovellen.

 

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     Ici, le Río Mariscadero où se déversent les eaux de l’usine de retraitement dont on aperçoit le bassin au fond à droite.

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     Rodrigo mène un travail très complet d’observation, de sensibilisation et de communication entre les acteurs pour améliorer la cohérence des actions entreprises.

     Etant originaire de Curanipe, ce garde-côte est familier de la population, ce qui lui permet d’assoir sa crédibilité. Il a donc choisi de travailler également sur l’aspect social inhérent au développement du secteur. Entre autres, il anime des ateliers de bricolage avec des enfants et organise des compétitions de surf et de body-board…car ici, c’est le sport préféré des ados.

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     Il aide aussi à restructurer l’importante activité de pêche côtière. En effet, suite au raz de marée (« maremoto » en Espagnol) engendré par le tremblement de terre (voir article précédent) de février dernier, beaucoup de pêcheurs ont perdu leur embarcation. Rodrigo les aide dans leurs démarches de demande de financement d’un nouveau bateau.

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     La zone en grève jaune était constituée d’un marché et de bâtiments que le raz de marée a emportés. Tout à gauche, on voit aussi l’ancien terrain de foot. Entre celui-ci et les bateaux, se reconstruisent des petits ateliers à destination des pêcheurs pour réparer leurs filets et y stocker le matériel. En souvenir des victimes du « maremoto », l’édification d’un monument est en phase d’être terminée (en dessous des trois parasols).

Logo

 

     La description complète du programme « Vigilante Costero Maule Itata » est visible sur son site internet et de nombreuses informations sont disponibles sur son blog.

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     Dans le cadre de notre partenariat, il m’est demandé de prendre  des photos aériennes du littoral et en particulier des zones sensibles. En retour, Rodrigo m’a présenté le secteur et m’a expliqué précisément les enjeux et les problèmes auxquels il est confronté. Plus de 200 photos aériennes ont été faites. Elles lui fournissent des références claires sur l’état des écosystèmes et lui serviront de supports aux démarches de sensibilisation.

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     Après une averse, le ciel s’est dégagé et a sonné la préparation du matériel.

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     Et hop, c’est parti pour une séance photos du top model des paysages chiliens.

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     Voici la commune de Curanipe. Deux rivières s’y rejoignent avant de se jeter dans le Pacifique. Haute de dix mètres, la vague du raz de marée est arrivée jusqu’à la deuxième route parallèle au rivage ! Beaucoup d’habitations n’ont pas résisté : la zone enherbée à gauche était jadis construite.

     L’estuaire des deux rivières avec l’océan est un milieu écologiquement important.

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     C’est un lieu de repos pour des oiseaux migrateurs. C’est également une zone privilégiée à l’abri des vagues où les poissons viennent s’y reproduire.

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     Il s’agit ici du Río Mariscadero.

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     Cette forêt de pins et d’eucalyptus a été plantée afin d’empêcher l’ensablement de Curanipe et des sols agricoles. Initialement, il y avait un écosystème dunaire.

 

 

     Un rocher côtier témoigne encore du raz de marée. Un bateau a été projeté à son sommet.

 

 

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     Le littoral est de toute beauté. Je comprends mieux l’enthousiasme permanent de Rodrigo. On remarque les traits d’écume dessinés par un vent soutenu.

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     Vue de plus près :

 

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A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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Par julien barbier
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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 19:14

Au cœur des crevasses

     Alors que je m’apprête à atterrir, j’aperçois une forme étrange. Je reprends de l’altitude et m’en rapproche.

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Vue de plus près…

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…et d’encore plus près :

P1020418     Cette « fleur d’érosion » (joli nom pour un phénomène qui l’est moins) présente une « tige » qui mesure 200 mètres et des « pétales » d’une longueur allant jusqu’à 100 mètres ! Sa profondeur atteint en certains endroits 30 mètres ! Le volume de terre manquant est colossal.

DSC06129     En marchant dans cette formation, on comprend très bien le déroulement du phénomène. La pluie s’abat sur ce terrain légèrement en dévers. L’eau, en creusant des rigoles, transporte les particules les plus fines (argiles-limons). Le transport des particules de densité moyenne agit à la manière d’une éponge abrasive sur le sol, ce qui amplifie sa dégradation. Restent, par gravité, les éléments les plus lourds comme les sables et les cailloux de granite.

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     Aucun arbre n’est planté dans la prairie afin de limiter la dégradation du sol. Seuls quelques arbres colonisent le milieu de façon naturelle. D’année en année, l’érosion ne cessera de s’accroître.

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     La zone de Cauquenes fait partie des recherches menées dans le cadre du programme DESIRE. Il s’agit d’un important projet de recherches scientifiques sur les stratégies de restauration des terres dégradées. D’initiative européenne, DESIRE regroupe 28 partenaires de l’Union Européenne, du Maroc, de la Tunisie, de la Chine, des Etats-Unis, de l’Australie, de la Russie et du Chili, travaillant sur dix-huit sites de recherche à travers le monde. Le projet est doté d'un budget de huit millions d'euros pour une durée de cinq ans. Il étudie les façons de lutter contre la dégradation des sols à partir de différentes situations locales. Ceci permet de déterminer les meilleures stratégies à mettre en œuvre.

logo DESIRE     Sur les dix-huit sites de travail, divers problèmes ont été identifiés et font l'objet de recherche de stratégies de sauvegarde des terres. Il s'agit des problèmes de sécheresse, de feux de forêts, de surpâturage, de salinisation et d’érosion hydrique ou éolienne. Le laboratoire dans lequel travaille Juan Alberto Barrera participe au projet.

P1020059     Pour contrer l’érosion, des programmes gouvernementaux sont en place. Mais le mal est déjà fait et les remèdes semblent longs et démesurés face à l’importance du phénomène. Plusieurs organismes d’états comme le SAG (Servicio Agrícola y Ganadero) et la CONAMA (Comision Nacional del Medio Ambiente) ou encore l’INIA travaillent sur ce sujet. Le SAG met en application des programmes de sauvegarde des sols dégradés. Il subventionne également des agriculteurs pour participer au rétablissement des sols érodés en instaurant des mesures protectrices du sol dans leurs itinéraires techniques.


      La sylviculture, avec notamment les plantations de pins, est concernée par ces programmes.

 

Une exploitation sylvicole impressionnante


DSC06186     L’hospitalité chilienne fait tellement bien les choses que Carlos, l’homme qui a proposé de m’héberger, est administrateur d’une exploitation forestière de 1 500 hectares ! Il m’a proposé de la visiter. J’ai pris grand plaisir à découvrir cette sylviculture pour le moins impressionnante.

P1020276     Ce bois se trouve à 8 kilomètres de Cauquenes. Il est composé de 1 200 hectares de pins, de 300 hectares d’eucalyptus (lien vers un article précédent traitant des eucalyptus) et de deux lagunes. Sur cette photo aérienne, les eucalyptus apparaissent en gris, près de la piste d’avion ; tout le reste, c’est du pin ! Avec le travail de dix employés, les bois trouveront, une fois coupés, plusieurs débouchés. L’eucalyptus sera transformé en cellulose entrant dans la composition de la pâte à papier. Le pin a quant à lui deux débouchés. Les résineux ayant un tronc tordu sont destinés au même marché que le bois d’eucalyptus. Les plus droits seront vendus pour la confection de planches.

DSC06216     Le gouvernement finance à hauteur de 70% le coût d’implantation des arbres sur les zones sujettes à l’érosion. Il s’agit principalement des surfaces en pente. L’attribution des aides est soumise à deux conditions. Le propriétaire doit s’engager à replanter lorsque les arbres arrivés à maturité sont coupés, dans un objectif de durabilité des mesures anti-érosion. Ensuite, il a pour obligation de réaliser un travail du sol contre les risques d’érosion. Il s’agit par exemple de creuser des fossés orientés perpendiculairement à la pente afin d’éviter que le ruissellement des eaux pluviales ne transporte le sol :

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      Malgré ces mesures préventives, la dégradation des sols est inévitable en certains endroits :

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      Le pin est un arbre à la croissance facile qui demande peu d’entretien. Selon Carlos, la principale difficulté réside dans la composition des sols, parfois très hétérogène au sein d’une faible surface. Ceci engendre des vitesses de croissance des arbres différentes. L’objectif est de produire des pins dont le tronc présente le moins de nœuds possible. Ils seront de cette manière vendus plus chers. C’est grâce à la qualité de la taille que ce paramètre peut être modifié.

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L’itinéraire technique de l’exploitation du pin est relativement simple :

·         A l’année 0, les pins sont plantés suivant une densité de 1 200 pieds par hectare.

·         Six ans plus tard, 200 arbres par hectare sont coupés. Ceci permet d’une part d’en vendre une partie et « d’accélérer » ainsi le retour sur investissement. D’autre part, l’éclaircissement réalisé améliore la croissance des arbres restants. Ceux-ci sont simplement taillés.

·         A l’année 12, 400 pins supplémentaires sont coupés.

·         A 20 ans, il reste 450 pins par hectare. Ils sont tous coupés.

·         Il manque 150 arbres par hectare qui correspondent aux pertes par érosion, sécheresse ou maladies.

 

L’itinéraire technique de l’eucalyptus est encore plus simple que celui du pin. Après l’implantation de 1 200 pieds par hectare et 12 années d’attente, l’arbre est coupé. Cette espèce présente la particularité de repousser à partir de la souche pour redonner un arbre qui sera également coupé au bout de 12 ans. L’eucalyptus supporte trois cycles de coupe/repousse.

Cependant, la culture d’eucalyptus est la cible du « Gorgojo del eucalipto » à l’origine de la peste de l’eucalyptus.

Gorgojo     Cet insecte (Gonipterus scutellatus) originaire d’Australie est considéré comme le pire ravageur  qu’aient connu les plantations d’eucalyptus. De son état larvaire à l’âge adulte, il se nourrit du feuillage des arbres, causant alors une baisse notable de la photosynthèse. Le Gorgojo commence sa colonisation par la cime de l’arbre puis descend au fur et à mesure sur les étages inférieurs. Carlos me montre les trous dans les feuilles.

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     Dans le meilleur des cas, la croissance de l’arbre est réduite ; dans le pire, l’arbre meurt.

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     La présence de l’insecte a été détectée au Chili pour la première fois en 1998 dans la région V. Malgré des mesures de lutte, c’est six ans plus tard, en 2004, que l’insecte s’attaque aux plantations de la région VII où je me trouve actuellement. Aujourd’hui, toutes les sylvicultures d’eucalyptus du pays sont concernées.

     Pour lutter contre ce ravageur défoliateur, des traitements chimiques épandus par avion existent, mais n’ont toujours pas endigué la présence de l’insecte. Il y a aussi une solution plus naturelle comme le lâché d’une guêpe parasite appelée Anaphes nitens.

guepe     Cette petite guêpe d’un millimètre de long inocule son œuf dans celui de l’insecte, empêchant son éclosion. Malgré cette technique de lutte biologique, à répéter tous les 3 à 4 ans, le nombre d’insectes est tel que le Gorgojo continue de coloniser les plantations.

 

     Les pins les plus âgés du domaine ont 14 ans. A l’issue des deux itinéraires techniques décrits précédemment, et si le marché se maintient, Carlos peut espérer vendre le stère de pin à 22 000 pesos, et celui d’eucalyptus à 24 000 pesos ; soit respectivement 35 et 39 € par m3 de bois.

 

DSC06192     Afin de sécuriser la production, la plantation forestière est dotée de deux lagunes qui se remplissent naturellement avec l’eau de pluie. Elles constituent une réserve d’eau en cas d’incendie.

P1020220la foto 4     Deux camions de pompiers appartenant à la propriété viennent s’approvisionner dans les lagunes si besoin est. Pour un feu de grande ampleur, il y a aussi un canadair ; d’où la présence de la piste de décollage en plein centre de la plantation. Voici une vidéo d'une simulation organisée par Carlos :

 

 

Vue de la propriété surplombée par un nuage.

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La fabrication de la brique

 

     A la périphérie de Cauquenes, il est fréquent de rencontrer de petites fabriques artisanales de briques.

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     Les briques sont faites de terre et d’eau. Après avoir récupéré de la terre sur les versants de la cordillère de la côte, elle est tamisée afin d’en éliminer les impuretés ou les éléments les plus grossiers. Elle est ensuite versée sur cette plate-forme :

DSC06066     Au fur et à mesure qu’on y ajoute de l’eau, un cheval tourne afin d’homogénéiser le mélange avec ses sabots. Ensuite, les blocs sont moulés sur la structure de gauche et sont séchés au soleil. Les briques sont orientées différemment car chaque face du parallélépipède doit sécher :

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     Pendant 36 heures, les briques sont empilées et cuites au feu de bois dans un grand four :

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     La surveillance et l’approvisionnement en bois (du pin) sont permanents :

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     Si la place dans le four est insuffisante, un autre four « à l’air libre » est allumé. Il est constitué des briques elles-mêmes :

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     Une brique se vend 100 pesos, soit 0,16 €.

 

 



 

Conclusion

 

     Les enjeux auxquels est confrontée la région de Cauquenes témoignent du rôle et de la place de l’homme. A cause de la déforestation massive de la forêt native, il fut à l’origine du phénomène d’érosion. La dégradation des sols a atteint un niveau de gravité considérable. Aujourd’hui, c’est paradoxalement lui seul qui apparaît comme solution au problème. En développant intelligemment les activités agricoles, sylvicoles et viticoles pour qu’elles constituent un frein à l’érosion, l’homme a la capacité de limiter la perte de sol.

     Berceau de la viticulture chilienne, la vallée de Maule est devenue la plus grande région viticole du pays puisqu’elle représente 1⁄4 du vignoble national. La production totale de vin s’élève à 8 millions d’hectolitres, ce qui fait du Chili le cinquième pays exportateur de vin dans le monde.

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A bientôt pour une destination au bord de l’océan !

 

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Par julien barbier
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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 18:28

Le travail de la vigne

P1020103     Les vignes en-dessous du chemin sont celles que loue Louis-Antoine. Il utilise principalement du Pais. Ce cépage dorénavant considéré comme autochtone a été importé par les Conquistadores. Il est le cépage traditionnel du Chili. Cependant, n'étant pas un cépage "aristocratique", peu de producteurs le valorisent. Sur une parcelle de 13 hectares, 90 tonnes de raisins ont été vendangées, soit 60 000 litres de jus. Le rendement moyen des parcelles de Louis-Antoine s’établit à 4 500 litres par hectare.

 

     Avec un système d’irrigation, le double serait atteint. Mais, par conviction personnelle, le vigneron se refuse d’utiliser une ressource devenue fragile et rare. Cet engagement pourtant responsable ne lui permet pas de bénéficier des aides de l’état chilien qui subventionne généreusement des installations de systèmes d’irrigation.

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     Au Chili, la maturité d’une vigne est atteinte entre 10 et 15 ans. Elle continue à produire jusqu’à 150 ans d’âge et au-delà pour certaines plantations de Pais ! Il faut ensuite l’arracher et la replanter. En France, une plantation de 80 ans est déjà vieille. Fait étonnant, le Chili demeure jusqu’à présent épargné par le phylloxera, en raison entre autres de son climat et de son isolement géographique. Le vin chilien est donc toujours produit à partir d’authentiques pieds de vignes pré-phylloxera, appelé « franc de pied », et non à partir de porte-greffes (racines américaines résistantes à cette peste de la vigne) comme c’est le cas en France.

DSC05761-copie-1.jpg      Avant la récolte du raisin, la vigne fait l’objet d’une attention toute particulière. Cette parcelle de Cabernet-Sauvignon a 12 ans. Baptiste en vérifie l’état de santé : est-elle suffisamment aérée et équilibrée ? Y-a-t’il des maladies ?

     La station de cette vigne, à la différence de la majorité de celles du Chili, est en « Guyot double », c'est-à-dire qu’elle est à hauteur des hanches, contrairement à la station en « pergola » qui permet de cueillir le raisin à deux mètres au-dessus du sol. En plus d’un important travail de taille des pieds de vigne, les allées sont hersées. Ce travail du sol permet une meilleure pénétration de l‘eau. Il détruit aussi les racines superficielles ce qui engendre un développement des racines en profondeur, là où l’eau est plus disponible.

DSC05793     Cette vigne est du Carmenère. Ce cépage originaire du bordelais est aujourd'hui très rare en France. La plantation a subit un « coup de charge ». Avec une période d’humidité et de chaleur, la croissance de l’entre-cœur a été fulgurante, donnant ainsi cet aspect touffu. Il faut maintenant la tailler "en vert", c'est à dire retirer les excès de croissance.


DSC05776     Il s’agit d’une vigne de Pais laissée à l’abandon pendant des années. L’an passé, Louis-Antoine a décidé de la louer et de la remettre en état. L’évolution est prometteuse, seuls quelques problèmes d’acariose subsistent : des acariens pondent leurs œufs sous les feuilles qui deviennent cloquées.

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     La plantation présente la particularité de cohabiter avec 80 oliviers. Ce sont les points visibles à gauche du cours d’eau ci-dessous. Cette polyculture constitue sans aucun doute un atout pour la biodiversité et pour le revenu de l’exploitant.

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     Lors de mon passage à Cauquenes la troisième semaine de décembre, la vigne était en fin de floraison. Puis suivra le développement des fruits et la fermeture de la grappe à la fin du mois de janvier. Elle aura alors sa forme définitive. Pendant l’étape de véraison, les baies changeront de couleur. La vendange aura lieu à la fin du mois de mars.

 

     La viticulture permet, en plus de la production de vin, une protection des sols de la région. Ceux-ci sont effectivement très fragiles à cause d’un phénomène de grande ampleur.

 

Le problème de l’érosion


     Lors de la précédente étape à Chillán, j’avais rencontré le professeur Juan Alberto Barrera de l’université d’agronomie de Concepcion.

DSC05325     Ce chercheur en sciences du sol m’a fait un constat alarmant de l’état des sols du Chili et en particulier de ceux de la région de Cauquenes. Comme le montre cette image, Cauquenes est la zone la plus érodée de la 7ème région. La couleur rouge correspond au niveau d’érosion le plus élevé.

Carte d'érosion petite

 

     L'érosion est la cause principale de la dégradation des sols au Chili. De par la conformation topographique du pays, l’érosion, principalement d’origine hydrique, sévit dangereusement. Lors des épisodes pluvieux d’hiver (juin-juillet), les deux chaînes de montagnes que sont la Cordillère des Andes et celle de la côte, causent des ruissellements à l’origine de départs de sol. Au total, 46% de la surface du pays est affecté par l’érosion à des degrés différents. 4% des sols présente une érosion grave, 12% est fortement érodé, 20% modérément et 10% se trouve dans un état de légère érosion.

DSC06095     Les sols de la région du Maule, à Cauquenes, constituent le Secano Interior. Ce sont des sols parfois très rouges (présence de fer). La composition des zones en dénivelé est dominée par le granite ; celles des fonds est argilo-limoneuse.

 

     La région était originellement recouverte d’une forêt native. Parmi de nombreuses espèces, on trouvait le boldo (Peumus boldus) et l’espino (Acacia caven).

 Boldo acacia

     Dans les années 1950, le secteur a été complètement défriché au profit de la culture de blé et, qui plus est, de la monoculture de blé. Les sols se sont progressivement retrouvés à nu. Leur teneur en matière organique et en macro éléments, gages de stabilité, n’a cessé de diminuer. Selon Juan Alberto Barrera, certains endroits ont maintenant perdu l’horizon A et B (couches de sol). C'est-à-dire qu’il manque jusqu’à deux mètres d’épaisseur de sol et que l’horizon C se retrouve en surface !


     Pendant le vol, il n’y avait pas besoin de chercher les signes d’érosion. Ils étaient immédiatement détectables :

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     La présence des arbres permet de se rendre compte de l’étendue de la marque d’érosion au cœur de ce champ de céréales. La perte en surface cultivable n’est pas négligeable.

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    Aux abords de la ville, ces veines sont des marques d’érosion colonisées par la végétation :

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     La végétation, avec les racines et la matière organique, participe à maintenir le sol. Elle en assure sa cohésion. Sans elle et en présence d’un dénivelé, le risque d’érosion est élevé :

DSC06090DSC06092     La faille à gauche de l’image est en érosion. Au centre, les arbres permettront, au fur et à mesure de leur croissance, de contenir le phénomène.


P1020158

     Voici un autre exemple de contention de l’érosion. Autour d’une crevasse, des pins ont été plantés. Mais, de l’autre côté du chemin en haut à gauche, on devine que le phénomène continue. A droite, les rayures vertes constituent une jeune plantation de pins. A la manière des courbes de niveau d’une carte topographique, l’orientation des allées de pins se fait perpendiculairement au relief afin, là aussi, d’empêcher le départ de sol.

 

P1020124     Les eaux de ruissellement érodent le sol en rejoignant la rivière, comme au centre de l’image. Sur la photo suivante, on se rend davantage compte de l’ampleur du phénomène touchant cette zone. Le champ clair permet de situer et d’orienter l’image par rapport à la précédente :

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     Sur cette parcelle, étaient plantés des pins qui, arrivés à maturité, ont été coupés. Cela laisse apparaître la veine colonisée par la végétation.

 

La dernière partie arrive bientôt.

Par julien barbier
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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 11:19

Bonjour à tous !

Cauquenes Google Earth     Je suis remonté en direction du Nord, à 90 km de la précédente étape de Chillán. Je me trouve à Cauquenes, dans la région VII, appelée la région du Maule.

P1020411     Cette ville de 30 000 habitants a subi de plein fouet le tremblement de terre du 27 février dernier, mettant un frein aux principales activités de la région : petite agriculture, viticulture et sylviculture.

     Sur place, j’ai été chaleureusement accueilli par Louis-Antoine et Dorothée Luyt.

DSC06263     Louis-Antoine est un Français qui vit depuis 12 ans au Chili. Il est vigneron et n’a pas hésité à me partager sa passion pour le vin, pour le bon vin ! Merci à lui pour cette découverte et un grand merci à Dorothée pour m’avoir fait découvrir les alentours de la ville.

     Leur maison a été détruite par le tremblement de terre. Ils logent provisoirement dans une petite maison en bois en attendant la reconstruction de leur domicile. De ce fait, un des amis de la famille, Carlos Nilo, m’a hébergé dans sa maison. Merci à la solidarité chilienne, qui, même dans des conditions difficiles, se débrouille toujours pour bien vous accueillir.

 

Lorsque la terre a tremblé


      Le 27 février 2010, à 3h 30 du matin, un tremblement de terre a surpris soudainement les habitants.

épicentre     Avec une magnitude de 8,8 sur l’échelle de Richter et un épicentre situé à seulement 50 kilomètres, la ville fût détruite à 70% ! Un tsunami inonda les côtes chiliennes de la septième région. Le dernier bilan du séisme a fait état de 550 morts. Le nombre de sinistrés potentiels a été estimé à environ 2 millions de personnes et les dégâts ont été évalués à 30 milliards de dollars. Les sismologues ont estimé que le séisme a été assez puissant pour décaler l'axe de rotation de la Terre de 8 centimètres ! Du coup, la durée d’un jour est désormais plus courte de 1,26 microseconde.

     Voici des photos prises par Dorothée le 27 février.

Tremblement-de-terre 1844     Beaucoup de constructions n’ont pas résisté.

Tremblement-de-terre 1845    

     Dix mois après, les cicatrices du séisme sont toujours visibles. Les petites toitures blanches sont, pour la plupart, des maisons de fortune. On les appelle des « media agua ». Elles offrent un confort sommaire aux habitants en attendant la reconstruction de leur maison.

P1020434     Photo prise à la verticale de la place de Cauquenes.

     Au Chili, très peu de propriétaires assurent leurs biens immobiliers. Ainsi, faute de financement, la reconstruction des domiciles est parfois longue.

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     Un témoin impressionnant du « terremoto » comme on l’appelle au Chili est sans doute celui-ci…

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…car lorsqu’on s’en approche, la structure de l’édifice fait vraiment peur :

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     D’autres constructions témoignent encore de la violence de la principale secousse. Une soixantaine de répliques a été ressentie dans la journée.

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     Ici, se trouvait un magasin Bata :

DSC05736     Suite au tremblement de terre et sous l’impulsion de Français vivant à Cauquenes, une association fut créée : France-Cauquenes .Elle mène plusieurs actions pour venir en aide aux habitants en finançant par exemple la reconstruction d’établissements scolaires et de santé. Vous accéderez ici au site internet de l’association.

 

L’activité locale


     Après cet épisode qui a gravement affecté l’économie des zones touchées, Cauquenes se remet petit à petit et retrouve son dynamisme. Le marché, se tenant le mercredi et le samedi est un des plus animés que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à présent. Les œufs, à droite de la pancarte, permettent de se rendre compte de la taille des fraises ! En plus d’être grosses, elles sont délicieuses !

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     Les odeurs et les couleurs donnent très envie. Ici, les « cinq fruits et légumes par jour » sont largement possibles de par la quantité et les tarifs exercés.

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     Ce sont surtout des petits producteurs du « campo », c'est-à-dire de la campagne, qui viennent vendre leur récolte.

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     Concernant les cultures, il y a très peu de mécanisation. Durant le vol, je n’ai observé qu’une parcelle fauchée qui venait d’être andainée par une machine. Lors des travaux, les arbres parsemant la parcelle occasionnent une contrainte supplémentaire pour l’agriculteur. Cependant, ils sont bénéfiques à la biodiversité.

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     Voici la situation la plus fréquemment rencontrée. C’est une parcelle de céréales fauchée manuellement ! Les tas blancs sont des fagots. Par contre, l’absence de « ronds » au sol indique que le grain n’a pas encore été battu. Sous un air ambiant à 38 °C, ce travail n’est pas des plus reposants.

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     Pour offrir de la pâture aux troupeaux, la sécheresse oblige aussi l’irrigation, bien visible ici avec le reflet de la lumière.

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     Le contraste entre sols cultivés ou abandonnés, entre terres  irriguées ou non, confère au paysage cet effet bariolé.  P1020124

 

Le vol

 

     Je suis à Cauquenes pour quatre jours. Je regarde la météo de la région et la journée la plus propice est…celle d’aujourd’hui ! Ni une ni deux, une fois le montage du paramoteur terminé, je décolle du terrain de foot à 15h :

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     J’évolue en « spiralant » dans des courants d’air chaud ascendants pour prendre de l’altitude le plus rapidement possible :

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     Dans ces conditions, je monte à la vitesse d’environ 4 mètres par seconde et me rapproche des nuages : P1020049

 

     L’ascension se poursuit et la base des nuages approche. On l’appelle le plafond et on comprend pourquoi. On a l’impression qu’on va se taper la tête contre :

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     En France, pour des raisons de visibilité, il est interdit pour un paramotoriste de voler à l’intérieur d’un nuage. Même dans le ciel chilien, je préfère passer entre les nuages :  P1020279

 

     Ces monstres de vapeur d’eau sont impressionnants :

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     Me voilà à la cime des nuages. Dans le ciel, il existe trois couches de nuages : ceux de l’étage inférieur (jusqu’à 2 000 mètres), de l’étage moyen (de 2 000 à 6 000 mètres) et de l’étage supérieur (jusqu’à 13 000 mètres). Ici, ce sont des cumulus de l’étage inférieur et des altocumulus de l’étage moyen :

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     J’arrive à l’altitude de 2 500 mètres…et il commence à faire froid. Sous les nuages, se trouve la cordillère de la côte. Cette chaîne de montagnes constitue une barrière naturelle au passage des nuages. Le phénomène se voit clairement ici. A l’horizon, on aperçoit l’océan Pacifique situé à 30 kilomètres à vol d’oiseau. P1020329

 

     Après un vol de 2h30, j’atterris dans un parc à vaches, en périphérie de Cauquenes. Des enfants du campo viennent à ma rencontre. Quel plaisir de leur montrer les photos aériennes : ils ont les yeux qui brillent. Même le plus jeune d’entre eux voudra porter le paramoteur sur son dos.

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Voici une vidéo réalisée pendant le vol :

 

 

 

Un vigneron différent des autres


DSC05702     A Cauquenes, il y a approximativement 1 000 vignerons. Un tiers d’entre eux fait partie de la Cooperativa Agrícola Vitivinícola de Cauquenes. Cette structure fut fondée en 1939 suite au tremblement de terre qui détruisit la majorité des vignobles de la région. La coopérative regroupe des propriétaires ayant des surfaces de vignobles allant de 2 hectares jusqu’à 500 hectares. Cependant, chaque membre détient le même pouvoir politique, quelle que soit la taille de son exploitation. La coopérative, qui produit des vins qu’on pourrait qualifier « d’industriels », est aujourd’hui en péril économique. Son manque de moyens l’empêchant d’innover ne lui permet pas de se placer idéalement sur un marché déjà bien pourvu. En somme, elle produit des vins peu compétitifs. Avec une capacité de 22 millions de litres, la coopérative n’en vinifie que 6 millions. Sachant que le minimum viable est de 8 millions de litres, elle se trouve dans l’obligation d’acheter du raisin à l’extérieur. La coopérative de Cauquenes n’est pas un cas isolé au Chili et en règle générale, les coopératives viticoles du pays vont mal.

 

     Fort de ce constat, Louis-Antoine a décidé de produire du vin autrement. Ses méthodes de production sont respectueuses de l’environnement. L’objectif est que la différence entre son vin et les autres soit perceptible par le consommateur. Ce dernier doit y  retrouver le terroir de Cauquenes !

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    Selon Louis-Antoine, les vignobles de ce terroir, bercés par un climat exceptionnel, n’ont pas besoin des moyens de protections chimiques et hydriques qu’utilise la plupart des vignerons.

P1020389     Le climat de la région de Cauquenes est méditerranéen, « c’est le Languedoc » me dit Louis-Antoine. A quelques kilomètres de là, de l’autre côté de la cordillère de la côte et avec l’influence maritime, le climat est plus humide. Cauquenes bénéficie donc de conditions climatiques sèches et chaudes en été, humides en hiver, idéales à la valorisation de la production de Louis Antoine. En effet, avec de telles conditions météo et un écosystème diversifié, peu de maladies de la vigne se développent. Louis-Antoine n’applique donc pas de produit chimique (production biologique non certifiée) et pratique l’irrigation sur quelques parcelles seulement en cas de très grosses chaleurs qui risqueraient d’endommager la vigne.

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     Louis-Antoine n’est pas propriétaire de vignobles. Il loue d’une part quatre parcelles et achète d’autre part le raisin à de petits vignerons ayant des pratiques techniques conformes à ses attentes. Concernant la vinification, Louis-Antoine loue des caves appartenant à l’INIA. Vous trouverez une description de cet organisme sur l'article précédent.

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     Après le pressage, le jus du raisin est stocké dans des cuves en béton d’une capacité de 12 000 litres ou  dans de petites cuves en inox.

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     La fermentation se poursuit dans des fûts en chêne en fin de vie. La cave de l’INIA n’est pas isolée et avec des amplitudes de température parfois importantes entre l’hiver (5°C) et l’été (35°C), le suivi de la fermentation du vin demande beaucoup d’attention. Lors de fortes chaleurs, les fûts sont arrosés pour diminuer la température du précieux nectar et pour maintenir une certaine humidité.

DSC05685     Baptiste, un ami vigneron de Louis-Antoine est en train de goûter et noter des échantillons de différents tonneaux afin de s’assurer de leur bonne évolution pour, si nécessaire, « travailler » le vin en modifiant ses conditions de stockage. Cet exercice permet aussi d’imaginer à quoi ressemblera l’ « assemblage ». Cette étape de finalisation consiste à mélanger plusieurs cuvées pour composer un vin.

     En termes de volume, Louis-Antoine a stocké 85 000 litres en 2009 et 50 000 litres en 2010. Cette diminution s’explique par le tremblement de terre qui a détruit une grosse partie de sa production et a largement pénalisé la rentabilité de son activité.

Tremblement-de-terre 1879     Voici dans quel état se trouvait la cave au lendemain du tremblement de terre.

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     A l’heure actuelle, Louis-Antoine vend un petit volume au Chili. Les événements passés l'ont empêché d'exporter en 2010. Mais le potentiel de son vin lui permet d’envisager une reprise de l'export au Brésil, en Europe et au Japon. Il veut se développer davantage afin de sécuriser sa production.

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La suite arrive très prochainement...

Par julien barbier
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 16:40

      L'irrigation à pivot central est une forme d'irrigation aérienne, reproduisant une pluie artificielle. Le système est composé de plusieurs segments de tuyaux d'une longueur de 60 mètres surplombant les cultures. Ici, il s’agit de betteraves.

DSC05484     Ces segments sont assemblés les uns aux autres et sont supportés par des essieux à roues qui dessinent les cercles bien visibles depuis le ciel.

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      Des buses d’aspersion sont disposées le long des segments et permettent de diffuser l’eau.

DSC05493     Le système est alimenté en eau par le pivot central, autour duquel il tourne. Le disque est composé de deux cultures : betterave et orge. Mais, à ce stade de croissance, il n’est plus irrigué.

P1010042     Le mouvement de rotation est assuré par un moteur électrique monté sur chaque essieu. Le principe même du cercle fait que les roues doivent avancer à des vitesses différentes : plus on s’éloigne du centre, plus la vitesse augmente. Du coup, le débit d’eau varie également en fonction de la distance par rapport au centre. Plus on s’en éloigne, plus le débit augmente. Cette situation est bien visible :

P1010268     Au total, cette rampe d’irrigation utilise 70 litres d’eau par seconde. Elle provient du Rio Chillán :

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      A l’horizon, on aperçoit le volcan Chillán qui culmine à 3122 mètres. Il se trouve à 60 kilomètres d’où à été prise la photo. C’est un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 1751.

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      L’eau provient de la fonte des neiges de la Cordillère des Andes.

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      Les plus grands systèmes d’irrigation à pivot central que j’ai pu voir permettent d’irriguer une surface de 80 hectares. La rampe d’irrigation ne mesure pas moins de 500 mètres ! Un tel système coûte ici 100 000 000 de pesos, soit 162 400 euros.

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      Il s’agit du système d’irrigation photographié précédemment, qui irrigue des cultures d’orge (à gauche) et de betterave (à droite).

DSC05477 bis     Les différences de couleurs et de textures au sein du disque supposent plusieurs causes. Dans la partie de droite, on distingue deux « carrés » plus foncés. La végétation y est moins avancée qu’ailleurs. Ceci est sûrement dû à une différence de composition du sol qui devait être cultivé différemment avant que le système d’irrigation sur pivot central ne soit installé. Dans le demi-disque de gauche, on dénombre trois couleurs. La couleur majoritaire verte foncée correspond à une croissance normale de l’orge. La couleur tendant vers l’orangé est certainement causée par des natures de sols différentes ou par des maladies fongiques, comme l’helminthosporiose. Si c’est le cas, on peut facilement voir que le développement du champignon se fait suivant la direction de la rampe d’irrigation (partie basse du disque), donc, est dépendant de la quantité d’eau reçue. D’ailleurs, l’agriculteur était en train de traiter au pulvérisateur :

P1010039     La troisième couleur verte claire, visible sur les deux images précédentes est de l’orge couchée. A cause d’une taille excessive, d’une fragilité de la tige et du vent, le plant d’orge se couche. C’est ce qu’on appelle la verse physiologique.

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Autres exemples d’irrigation à pivot central :

P1010021     Des petits ponts en bois permettent aux roues de franchir les canaux d’irrigation.


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     On remarque la superposition de deux disques. Le réservoir d’eau dans le disque plus foncé sert certainement à approvisionner le système d’irrigation.

P1010184     Vue sous un autre angle :

P1010212P1010223     ¾ d’un disque sont irrigués. Le sol conserve malgré tout son architecture d’origine constituée de canaux. De part et d’autres de ceux-ci, la végétation a été coupée afin de permettre le passage de la rampe d’irrigation.

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      Lors du premier vol, j’ai repéré cette ferme :

P1010052     Avec la présence de vaches et de silos (bâches noires), il y a de grandes chances qu’il s’agisse d’une exploitation laitière. Après m’être renseigné, il s’agit d’une ferme dépendante de l’université adventiste de Chillán. Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, j’ai accédé à la ferme qui m’a été présentée par son administrateur : Christian Carillo.

DSC05426     Cet ingénieur agronome encadre une équipe de dix personnes. Il m’explique que sa conduite d’élevage est en période de transition. Il y a quatre ans, la ferme élevait une trentaine de vaches à viande et à lait dans des conditions très intensives. Depuis, toutes les vaches à viande ont été vendues. A l’heure actuelle, il y a 75 vaches de race Prim’ Holstein, donc, utilisées pour la production laitière. La production moyenne par vache et de 6 000 litres de lait par an. L’objectif est d'atteindre dans deux ans une production de 10 000 litres de lait par an et par vache. Voici la salle de traite :

DSC05419     Même s’il y a deux quais de chaque côté, il s’agit d’une « 1 x 8 ». Cela signifie que lorsque huit vaches sont en train de se faire traire, l’agriculteur nettoie le pis de huit autres vaches sur le quai opposé.

     La ration se compose d’ensilage de maïs et d’herbe, de foin de luzerne et de graminées, et de concentrés composés de tourteau de soja et d’arachide, de minéraux et de vitamines. Christian m’a précisé qu’il n’y avait pas de pâturage. La ferme cultive 50 ha de maïs, 20 ha d’herbe et 16 ha de luzerne.

P1010232 bis     On repère bien depuis le ciel les silos noirs d’ensilage de maïs et d’ensilage d’herbe. L’ensilage est une méthode de conservation du fourrage par voie humide, à la différence du foin qui constitue la voie sèche. Avec une herbe à 15% de Matière Sèche (MS), ou un maïs à 30% de MS, la voie humide permet d’obtenir des ensilages compris entre 33 et 35% de MS. Pour de l’herbe stockée par voie sèche, la teneur en MS augmente à 85%.

DSC05449     Au moyen d’une ensileuse, le fourrage est tout d'abord haché en particules dont la longueur avoisine le centimètre. Puis, il est stocké en couches successives sur le sol et est compacté à l'aide d’un tracteur afin d'expulser le maximum d'air. Cela participe, conjointement à l’ajout de la bâche en plastique noire, à la mise en anaérobiose du fourrage. C'est-à-dire qu’il est stocké en absence d’oxygène. Ceci va permettre, grâce à l’action de bactéries anaérobies (vivant en absence d’oxygène) une fermentation dite « lactique anaérobie ». Le fourrage est ainsi conservé.

      Au Chili, à la différence de l’Union Européenne, il n’y a pas de quota laitier. C'est-à-dire qu’un éleveur laitier peut produire autant de lait qu’il le désire et ce, sans risque de pénalités économiques. Le lait de la ferme adventiste est vendu de trois manières différentes. Mensuellement, 10 000 litres sont transformés en fromage au sein de l’université et sont vendus à des commerçants de Chillán. 2 000 litres sont bus par les élèves à l’heure du repas de midi. Enfin, 30 000 litres sont vendus chaque mois à la laiterie Danone de Chillán. Le prix d’achat du lait est de 158 000 pesos pour 1 000 litres, soit 256 € / 1 000 litres. En France, en ce mois de janvier, ce prix s’établit en moyenne à 305 € / 1 000 litres.

 

DSC05432     Comme les vaches n’ont pas accès aux pâtures, elles se reposent dans des compartiments appelés « logettes ». La tache fluo sur la base de la queue est un moyen de détection des chaleurs appelé Tail-Painting. La chaleur correspond au comportement particulier de la vache pendant la période appelée « œstrus », pendant laquelle elle accepte l’accouplement et peut donc être inséminée.

     La technique du Tail-Painting est simple : le planning de reproduction permet d’identifier les vaches susceptibles d’entrer en chaleur dans les prochains jours. Dès lors, Christian marque la croupe de ces vaches à la bombe de peinture fluo. Si les vaches viennent en chaleur, elles se font chevaucher par une autre, ce qui enlève progressivement la peinture. Comme Christian utilise l’insémination artificielle, il appelle l’inséminateur qui, à l’aide d’une paillette, vient féconder la vache. On peut noter qu’une paillette de 250 microlitres contient 20 millions de spermatozoïdes ! Celles utilisées par Christian coûtent 6 500 pesos, soit 10 €.

DSC05466     Comme en France, les éleveurs chiliens font appels aux vétérinaires en cas de nécessité. Christian m’a dit qu’il essaie de l’appeler le moins possible, car la prestation coûte relativement cher. Il est cependant obligé de faire réaliser certaines vaccinations par le vétérinaire. A titre indicatif, une césarienne coûte ici 70 000 pesos, soit 110 €. En France, cet acte se chiffre à 150 €

 

 


 

Conclusion

 

      Les environs de Chillán reflètent la situation agricole de la région et témoignent du potentiel qu’offre le Chili. Avec une importante surface dédiée aux productions céréalières, maraichères et à l’élevage, la province de Ñuble constitue une zone incontournable de l’agriculture chilienne, où cohabitent de nombreuses exploitations de petites à moyennes tailles. Ce dynamisme agricole est renforcé par des centres de recherche tel l’INIA de Quilamapu qui, à travers des programmes expérimentaux, permettent un transfert technologique des instituts de recherche vers les agriculteurs et les industries de transformation. Ces innovations agronomiques et agro-alimentaires constituent un atout pour la compétitivité de l’agriculture chilienne sur la scène mondiale.

 

 

A bientôt pour une destination qui ferait rêver tout vigneron !

 

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Et en bonus pour celles et ceux qui ont eu le courage de tout lire, un court clip vidéo qui permet de mieux comprendre comment fonctionne un paramoteur :


 

Par julien barbier
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