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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 06:36

 

Bonjour à tous !

 

     Cela fait cinq mois que je vis au Chili. De par l’étendue du pays, les modes de vie ne sont pas tout à fait les mêmes au Nord, au centre ou au Sud du pays. Voici donc une description très générale qui permet de mieux appréhender la vie chilienne.

drapeau chili

Transports 

 

     Les bus et les taxis sont des moyens de transport très utilisés ici du fait du prix d'achat élevé des voitures.

DSC08018     Pour les trajets urbains, les gens privilégient les taxis collectifs. Les chauffeurs prennent jusqu'à quatre personnes à bord de leur véhicule et se partagent les destinations par secteur. Le tarif est généralement de 350 pesos ce qui vaut approximativement 0,50 euro.

     Les bus remplacent en quelque sorte nos trains puisqu'au Chili, le transport ferroviaire est cher et peu développé. Pour les longs trajets de plusieurs centaines de kilomètres, de nombreuses compagnies de bus existent. Les plus utilisées sont Tur-Bus et Pullman.

DSC08016      Les bus sont généralement à deux étages correspondant à deux classes : la première appelée « Salon Cama » se trouve au premier étage. Elle dispose de confortables fauteuils presque totalement inclinables. La seconde, appelée « Semi-cama » est un peu moins confortable.

     Dans chaque bus, on retrouve plusieurs employés : un pour mettre les bagages en soute, vérifier les billets et distribuer les repas ; et deux chauffeurs qui se relayent au cours du trajet pour ne pas dépasser leur quota de cinq heures de conduite.

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     La vitesse autorisée est de 100 km/h sous peine qu'une sonnerie retentisse dans le bus de façon à prévenir les passagers. Les bus sont aussi équipés de toilettes (baño). Alors quand la dernière place disponible se trouve à côté et que les odeurs ont le temps de vous réveiller pendant les heures de trajets, on est content ^^.

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     De par l’étendue du pays, le transport aérien est souvent utilisé ; avec comme principale compagnie : LAN.

     A Santiago, il est possible de prendre le métro. Pour moins d’un euro, le transport est efficace, propre et bien surveillé. Les cinq lignes sont ouvertes de 6h30 à 22h30. Le réseau de bus de Santiago appelé le Transantiago est aussi très efficace…depuis peu. Jusqu’en 2005, le service était assuré par d’innombrables compagnies privées. Le nombre de bus grandissant, la circulation était devenue infernale. Les compagnies ont décidé de fusionner pour d’avantage d’efficacité et de cohérence. Les débuts furent très chaotiques, mais aujourd’hui, le service de bus est très performant.

 

Conduite


     Dans l'ensemble, les Chiliens sont respectueux du code de la route.

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     Il y a trois infractions qui entrainent une très grosse amende et sur lesquelles les Carabineros (policiers) sont intransigeants : l’utilisation du téléphone portable en conduisant, le refus de priorité aux piétons et l’emploi injustifié du klaxon.

DSC05147     Bon, je rigolais mais eux un peu moins :)

     La vitesse en ville est en générale limitée à 70 km/h. Sur autoroute, c’est 120 km/h maximum.

     Les routes, que ce soit dans les grandes villes ou dans les villages sont très souvent à sens unique. Le sens de circulation est toujours indiqué par une flèche précédant le nom de la rue.

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     Le permis de conduire est loin d'avoir un tarif similaire au permis français. En effet, il ne coûte que 20 euros !

 

     La Panaméricaine est une route incontournable du Chili. Dans ce pays, elle s’étend sur 3000 km d’Arica au Nord, jusqu’à Quellon, sur l’île de Chiloé plus au Sud.

P1000712     C’est l’une des routes internationales les plus longues du monde. Elle est également connue sous le nom de Route 5. Elle commence à Fairbanks en Alsaska, passe par Denver, Mexico, Lima et se termine à Quellon. Au total, elle permet de parcourir 24 000 kilomètres.

 

Système de santé


      Le fait d’être employé implique une affiliation systématique à la sécurité sociale. On distingue le système public des assurances privées. Les assurés qui choisissent de ne pas bénéficier du régime public (moins performant) doivent souscrire un contrat auprès d’un organisme d’assurance maladie privée.

 

     Depuis 2003, quel que soit son affiliation à une assurance, l’état chilien a pris la décision que certaines maladies (une cinquantaine) sont systématiquement prises en charge. Au-delà de ces cinquante maladies, la prise en charge des soins est liée au choix de l’assurance. Autrement dit, seules les personnes ayant des revenus suffisants peuvent se permettent d’adhérer à une assurance privée, donc de bénéficier du remboursement complet de leurs soins médicaux.

 

     Au niveau de l’accès aux soins, il faut distinguer le système public du système privé. Dans le premier cas, mieux vaut être patient pour obtenir un rendez-vous : deux mois pour un mal de dents ! Dans le second cas, les soins assurés dans les cliniques sont de très bonne qualité. Toutefois, les tarifs appliqués sont très élevés.

 

     Les pharmacies sont nombreuses dans tout le pays et l’on trouve facilement les médicaments souhaités. Néanmoins, le coût imparti à l’achat des médicaments est, dans la majorité des cas,  à la charge du patient.

   

Monnaie

 

     L’unité monétaire est le peso chilien. En ce moment (au 20 janvier 2011), 1 euro est égale à 658 pesos ($). Les billets sont de $1.000, $2.000, $5.000, $10.000 et $20.000. On trouve des pièces de $1, $5, $10, $50, $100 et $500.

 

 

Alimentation 

 

Heure des repas : Les Chiliens prennent leur repas plus tardivement qu’en France. Le déjeuner est vers 14h-15h, tandis que le dîner, ici appelé « Once », se prend vers 21h-22h.

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Le petit déjeuner et le dîner sont généralement assez similaires même si l'on retrouve des aliments plus connus en France pour le premier : céréales, yaourt, lait.

En règle générale, ces deux repas sont composés de petits pains ronds, de beurre, confiture, fromage frais, charcuterie (jambon, pâté, saucisse de jambon), servis avec du thé, café ou lait.

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Déjeuner : identique au nôtre, à la différence près que l'on trouve beaucoup de crudités telles que des tomates, de l'avocat et de la salade. Le dessert est souvent facultatif : fruits s'il y a lieu.

 

Spécialités :

 - empanadas : c’est la spécialité nationale du Chili. Ce sont de petits chaussons, cuits au four ou fris, remplis de fromage, de fruits de mer ou de morceaux de viande avec de l’oignons, une olive et une rondelle d’œuf.

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- completo : hot-dog garni d'une purée d'avocats, de petits morceaux de tomates, d'une saucisse ; le tout généreusement recouvert de mayonnaise.

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- sopaipillas : sorte de petites galettes sucrées ou salées qui sont frites dans l’huile.

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- chorrillana : gros plat de frites recouvertes d'un mélange d'oignons, de viande, de saucisse et d'un œuf sur le plat ou de fromage. On le déguste à plusieurs directement dans le plat.

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- humitas : purée de maïs emballée dans une feuille de maïs, le tout cuit à la vapeur.

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- manjar : aussi appelée « dulce de leche », c’est un peu la réputation du Nutella en France,  sauf qu’il s’agit de lait concentré avec un goût de caramel. J’en suis devenu accro…

- mote con huesillo : grains de blé qui reposent dans une décoction de pêches séchées. 

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- pisco : l'alcool national du Chili !

 

Où s’alimenter ?

     En ville, chaque quartier possède plusieurs supermarchés de taille moyenne. Les deux principales enseignes d’hypermarchés et de supermarchés sont Jumbo et Lider. On peut également citer Unimarc. Les grands supermarchés sont bien approvisionnés. On y trouve aussi bien des produits locaux que des aliments importés.

     Enfin, chaque quartier est doté d’une multitude de petites épiceries qui vendent des produits de base.

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     N’oublions pas non plus les marchés hebdomadaires qui fournissent aux habitants une multitude d’étals de fruits et légumes, des stands de poisson et de viande.

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Les prix : Ils peuvent varier du simple au triple en fonction du lieu où l’on se trouve (grandes villes – petits villages). Si l’on veut consommer des produits identiques à ceux vendus en Europe, il faudra mettre le prix. Par contre, les produits locaux sont économiques (comptez environ un tiers de moins que le tarif français). En moyenne, on peut dire que les produits alimentaires sont ¼ à 1/3 moins chers qu’en France.

 

Conditionnement : Le conditionnement des produits chiliens est différent du nôtre. Davantage d’aliments sont vendus à l’unité. On peut citer par exemple les yaourts. De plus, la confiture ou encore certains yaourts sont conditionnés dans des poches et non dans des pots. Les boîtes de conserve existent mais sont beaucoup moins utilisées qu’en France notamment pour les légumes. Les Chiliens préfèrent les produits frais à ceux en conserve, d’autant plus qu’on en trouve facilement dans les supermarchés ou encore sur les marchés.

 

 

 Rythme de vie


Ambiance générale :

Vie-Chilienne 4273     Les rues chiliennes sont à l’image du tempérament de leurs habitants, c’est-à-dire accueillantes et vivantes. Les gens sont souriants ! Ça fait du bien !

DSC04340     Les nombreux stands qui bordent les rues animent les quartiers. En période de Noël, les multiples ateliers d’emballage de cadeaux encombraient joyeusement les trottoirs. A tous ces éléments s’ajoute la fermeture tardive des commerces (aux environs de 22h).

   

Travail : La question du chômage est loin d’être d’actualité au Chili du fait des nombreux petits « boulots » qui existent. Par exemple, dans les supermarchés, des employés sont payés pour mettre les courses dans des sachets…  

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…ranger les caddies ou orienter les automobilistes vers les places de parking disponibles.

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     Dans les rues, pas la peine de chercher les parcmètres, il n’y en a pas. A la place, on trouve dans chaque rue une personne qui passe sa journée à aider les conducteurs à se garer et à encaisser l’argent.

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     Autre exemple, chaque pharmacie est munie d’un agent de sécurité. Pour faire le plein d’essence de la voiture, pas besoin de sortir, il y a systématiquement un employé qui s’en occupe.

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     Les Chiliens sont loin d’être aux 35 heures. En règle générale, ils travaillent presque le double de nous mais leur rythme de travail est loin d’être aussi efficace. A temps égal, ils seraient beaucoup moins productifs. A contrario, ils sont moins stressés et donc beaucoup plus détendus dans leur journée de travail. Toutefois, ce trait de caractère entraîne souvent une absence de ponctualité alors petits Français désireux de visiter le Chili, armez-vous de patience !

Un Chilien dispose de 3 semaines de congés par an.

 

     Pour une femme, le mariage est très important. Il passe avant la carrière professionnelle. Une femme de 20-22 ans songe d’abord à se trouver un mari. Il est fréquent de voir des jeunes de mon âge, mariés, avec un enfant. Au Chili, les familles ne sont pas très nombreuses : de 1 à 4 enfants en géréral.

 

Mixité sociale : Les Chiliens se « mélangent » très peu entre catégories sociales différentes. Plusieurs familles de classe moyenne qui m’ont accueillies m’ont par exemple dit qu’il était très difficile d’avoir une conversation « profonde » et de lier une relation d’amitié avec des gens au revenu plus modeste. La majorité des Chiliens pensent que ce n’est pas possible de se mélanger.

   

Système scolaire


     L’école est obligatoire à partir de 6 ans.  Avant cet âge, les enfants sont soit gardés par leur mère, soit placés dans un jardin d’enfants (structure assez similaire à une crèche). L’enseignement public jouit d’une très mauvaise réputation. Dès que les parents ont  suffisamment d’argent, ils mettent leurs enfants dans une école privée, ou semi-privée.

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     Au Chili, il n’y a pas de BAC, mais le PSU. C’est un examen qu’on passe à 18 ans et qui, selon le pourcentage de réussite permet de prétendre à l’université de son choix. Le marché des universités privées est devenu un vrai business ! Elles se livrent une concurrence acharnée. Ce mois de janvier correspond à la période d’inscription des étudiants. Les pancartes publicitaires, les spots télévisés pour vanter les mérites de l’université ont envahi les médias.

 

 Musique

 

     La musique chilienne contemporaine est très diversifiée. Elle va des mélodies révolutionnaires des années 70 au folklore andin, en passant par les standards internationaux,  le hip-hop, et surtout le reggeaton. Ce style de musique très entrainant est arrivé en 2004 au Chili et depuis, c’est la musique de la fête, des discothèques. Voici un clip de cette musique couleur latine qu’on entend très souvent :

 

 

La danse traditionnelle chilienne est la Cueca. Vous remarquerez la tenue traditionnelle du Huaso :


 


 

 

Hygiène


     Au Chili, il n’y a pas de douche, ni de savon ; alors on fait comme on peut.

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A bientôt !

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 10:37

¡Hola, hola!

 

     En décembre 2009, j’avais signé un partenariat avec la FIMA  dans le cadre du projet Aéro-Chili. A la fin du mois de novembre 2010, j’ai rencontré cette ONG pour définir plus précisément les modalités du partenariat  (voir l'article sur Santiago). Aujourd’hui, je suis arrivé à Curanipe pour mener à bien cette collaboration.

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     J’ai été accueilli par Gisele et Rodrigo de la Ô qui m’ont hébergé dans leur maison. Rodrigo est garde-côte à Curanipe. Il s’occupe d’un secteur côtier de 130 kilomètres ! Il est mandaté par le FIMA pour réaliser un projet original et de grande ampleur appelé « Vigilante Costero Maule Itata ».

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     Avec une population qui augmente et une attractivité touristique en pleine explosion, l’environnement est soumis à davantage de risques de dégradations et de pollutions. Rodrigo a pour mission d’assurer autant que possible une cohésion entre le développement économique du secteur et le respect des ressources environnementales. Le projet se concentre sur la protection des eaux côtières et des eaux douces. En effet, la zone est parsemée d’innombrables rivières se jetant dans l’océan.

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     Sur ces photos coule le Río Chovellen.

 

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     Ici, le Río Mariscadero où se déversent les eaux de l’usine de retraitement dont on aperçoit le bassin au fond à droite.

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     Rodrigo mène un travail très complet d’observation, de sensibilisation et de communication entre les acteurs pour améliorer la cohérence des actions entreprises.

     Etant originaire de Curanipe, ce garde-côte est familier de la population, ce qui lui permet d’assoir sa crédibilité. Il a donc choisi de travailler également sur l’aspect social inhérent au développement du secteur. Entre autres, il anime des ateliers de bricolage avec des enfants et organise des compétitions de surf et de body-board…car ici, c’est le sport préféré des ados.

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     Il aide aussi à restructurer l’importante activité de pêche côtière. En effet, suite au raz de marée (« maremoto » en Espagnol) engendré par le tremblement de terre (voir article précédent) de février dernier, beaucoup de pêcheurs ont perdu leur embarcation. Rodrigo les aide dans leurs démarches de demande de financement d’un nouveau bateau.

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     La zone en grève jaune était constituée d’un marché et de bâtiments que le raz de marée a emportés. Tout à gauche, on voit aussi l’ancien terrain de foot. Entre celui-ci et les bateaux, se reconstruisent des petits ateliers à destination des pêcheurs pour réparer leurs filets et y stocker le matériel. En souvenir des victimes du « maremoto », l’édification d’un monument est en phase d’être terminée (en dessous des trois parasols).

Logo

 

     La description complète du programme « Vigilante Costero Maule Itata » est visible sur son site internet et de nombreuses informations sont disponibles sur son blog.

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     Dans le cadre de notre partenariat, il m’est demandé de prendre  des photos aériennes du littoral et en particulier des zones sensibles. En retour, Rodrigo m’a présenté le secteur et m’a expliqué précisément les enjeux et les problèmes auxquels il est confronté. Plus de 200 photos aériennes ont été faites. Elles lui fournissent des références claires sur l’état des écosystèmes et lui serviront de supports aux démarches de sensibilisation.

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     Après une averse, le ciel s’est dégagé et a sonné la préparation du matériel.

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     Et hop, c’est parti pour une séance photos du top model des paysages chiliens.

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     Voici la commune de Curanipe. Deux rivières s’y rejoignent avant de se jeter dans le Pacifique. Haute de dix mètres, la vague du raz de marée est arrivée jusqu’à la deuxième route parallèle au rivage ! Beaucoup d’habitations n’ont pas résisté : la zone enherbée à gauche était jadis construite.

     L’estuaire des deux rivières avec l’océan est un milieu écologiquement important.

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     C’est un lieu de repos pour des oiseaux migrateurs. C’est également une zone privilégiée à l’abri des vagues où les poissons viennent s’y reproduire.

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     Il s’agit ici du Río Mariscadero.

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     Cette forêt de pins et d’eucalyptus a été plantée afin d’empêcher l’ensablement de Curanipe et des sols agricoles. Initialement, il y avait un écosystème dunaire.

 

 

     Un rocher côtier témoigne encore du raz de marée. Un bateau a été projeté à son sommet.

 

 

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     Le littoral est de toute beauté. Je comprends mieux l’enthousiasme permanent de Rodrigo. On remarque les traits d’écume dessinés par un vent soutenu.

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     Vue de plus près :

 

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A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 18:14

Au cœur des crevasses

     Alors que je m’apprête à atterrir, j’aperçois une forme étrange. Je reprends de l’altitude et m’en rapproche.

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Vue de plus près…

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…et d’encore plus près :

P1020418     Cette « fleur d’érosion » (joli nom pour un phénomène qui l’est moins) présente une « tige » qui mesure 200 mètres et des « pétales » d’une longueur allant jusqu’à 100 mètres ! Sa profondeur atteint en certains endroits 30 mètres ! Le volume de terre manquant est colossal.

DSC06129     En marchant dans cette formation, on comprend très bien le déroulement du phénomène. La pluie s’abat sur ce terrain légèrement en dévers. L’eau, en creusant des rigoles, transporte les particules les plus fines (argiles-limons). Le transport des particules de densité moyenne agit à la manière d’une éponge abrasive sur le sol, ce qui amplifie sa dégradation. Restent, par gravité, les éléments les plus lourds comme les sables et les cailloux de granite.

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     Aucun arbre n’est planté dans la prairie afin de limiter la dégradation du sol. Seuls quelques arbres colonisent le milieu de façon naturelle. D’année en année, l’érosion ne cessera de s’accroître.

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     La zone de Cauquenes fait partie des recherches menées dans le cadre du programme DESIRE. Il s’agit d’un important projet de recherches scientifiques sur les stratégies de restauration des terres dégradées. D’initiative européenne, DESIRE regroupe 28 partenaires de l’Union Européenne, du Maroc, de la Tunisie, de la Chine, des Etats-Unis, de l’Australie, de la Russie et du Chili, travaillant sur dix-huit sites de recherche à travers le monde. Le projet est doté d'un budget de huit millions d'euros pour une durée de cinq ans. Il étudie les façons de lutter contre la dégradation des sols à partir de différentes situations locales. Ceci permet de déterminer les meilleures stratégies à mettre en œuvre.

logo DESIRE     Sur les dix-huit sites de travail, divers problèmes ont été identifiés et font l'objet de recherche de stratégies de sauvegarde des terres. Il s'agit des problèmes de sécheresse, de feux de forêts, de surpâturage, de salinisation et d’érosion hydrique ou éolienne. Le laboratoire dans lequel travaille Juan Alberto Barrera participe au projet.

P1020059     Pour contrer l’érosion, des programmes gouvernementaux sont en place. Mais le mal est déjà fait et les remèdes semblent longs et démesurés face à l’importance du phénomène. Plusieurs organismes d’états comme le SAG (Servicio Agrícola y Ganadero) et la CONAMA (Comision Nacional del Medio Ambiente) ou encore l’INIA travaillent sur ce sujet. Le SAG met en application des programmes de sauvegarde des sols dégradés. Il subventionne également des agriculteurs pour participer au rétablissement des sols érodés en instaurant des mesures protectrices du sol dans leurs itinéraires techniques.


      La sylviculture, avec notamment les plantations de pins, est concernée par ces programmes.

 

Une exploitation sylvicole impressionnante


DSC06186     L’hospitalité chilienne fait tellement bien les choses que Carlos, l’homme qui a proposé de m’héberger, est administrateur d’une exploitation forestière de 1 500 hectares ! Il m’a proposé de la visiter. J’ai pris grand plaisir à découvrir cette sylviculture pour le moins impressionnante.

P1020276     Ce bois se trouve à 8 kilomètres de Cauquenes. Il est composé de 1 200 hectares de pins, de 300 hectares d’eucalyptus (lien vers un article précédent traitant des eucalyptus) et de deux lagunes. Sur cette photo aérienne, les eucalyptus apparaissent en gris, près de la piste d’avion ; tout le reste, c’est du pin ! Avec le travail de dix employés, les bois trouveront, une fois coupés, plusieurs débouchés. L’eucalyptus sera transformé en cellulose entrant dans la composition de la pâte à papier. Le pin a quant à lui deux débouchés. Les résineux ayant un tronc tordu sont destinés au même marché que le bois d’eucalyptus. Les plus droits seront vendus pour la confection de planches.

DSC06216     Le gouvernement finance à hauteur de 70% le coût d’implantation des arbres sur les zones sujettes à l’érosion. Il s’agit principalement des surfaces en pente. L’attribution des aides est soumise à deux conditions. Le propriétaire doit s’engager à replanter lorsque les arbres arrivés à maturité sont coupés, dans un objectif de durabilité des mesures anti-érosion. Ensuite, il a pour obligation de réaliser un travail du sol contre les risques d’érosion. Il s’agit par exemple de creuser des fossés orientés perpendiculairement à la pente afin d’éviter que le ruissellement des eaux pluviales ne transporte le sol :

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      Malgré ces mesures préventives, la dégradation des sols est inévitable en certains endroits :

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      Le pin est un arbre à la croissance facile qui demande peu d’entretien. Selon Carlos, la principale difficulté réside dans la composition des sols, parfois très hétérogène au sein d’une faible surface. Ceci engendre des vitesses de croissance des arbres différentes. L’objectif est de produire des pins dont le tronc présente le moins de nœuds possible. Ils seront de cette manière vendus plus chers. C’est grâce à la qualité de la taille que ce paramètre peut être modifié.

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L’itinéraire technique de l’exploitation du pin est relativement simple :

·         A l’année 0, les pins sont plantés suivant une densité de 1 200 pieds par hectare.

·         Six ans plus tard, 200 arbres par hectare sont coupés. Ceci permet d’une part d’en vendre une partie et « d’accélérer » ainsi le retour sur investissement. D’autre part, l’éclaircissement réalisé améliore la croissance des arbres restants. Ceux-ci sont simplement taillés.

·         A l’année 12, 400 pins supplémentaires sont coupés.

·         A 20 ans, il reste 450 pins par hectare. Ils sont tous coupés.

·         Il manque 150 arbres par hectare qui correspondent aux pertes par érosion, sécheresse ou maladies.

 

L’itinéraire technique de l’eucalyptus est encore plus simple que celui du pin. Après l’implantation de 1 200 pieds par hectare et 12 années d’attente, l’arbre est coupé. Cette espèce présente la particularité de repousser à partir de la souche pour redonner un arbre qui sera également coupé au bout de 12 ans. L’eucalyptus supporte trois cycles de coupe/repousse.

Cependant, la culture d’eucalyptus est la cible du « Gorgojo del eucalipto » à l’origine de la peste de l’eucalyptus.

Gorgojo     Cet insecte (Gonipterus scutellatus) originaire d’Australie est considéré comme le pire ravageur  qu’aient connu les plantations d’eucalyptus. De son état larvaire à l’âge adulte, il se nourrit du feuillage des arbres, causant alors une baisse notable de la photosynthèse. Le Gorgojo commence sa colonisation par la cime de l’arbre puis descend au fur et à mesure sur les étages inférieurs. Carlos me montre les trous dans les feuilles.

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     Dans le meilleur des cas, la croissance de l’arbre est réduite ; dans le pire, l’arbre meurt.

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     La présence de l’insecte a été détectée au Chili pour la première fois en 1998 dans la région V. Malgré des mesures de lutte, c’est six ans plus tard, en 2004, que l’insecte s’attaque aux plantations de la région VII où je me trouve actuellement. Aujourd’hui, toutes les sylvicultures d’eucalyptus du pays sont concernées.

     Pour lutter contre ce ravageur défoliateur, des traitements chimiques épandus par avion existent, mais n’ont toujours pas endigué la présence de l’insecte. Il y a aussi une solution plus naturelle comme le lâché d’une guêpe parasite appelée Anaphes nitens.

guepe     Cette petite guêpe d’un millimètre de long inocule son œuf dans celui de l’insecte, empêchant son éclosion. Malgré cette technique de lutte biologique, à répéter tous les 3 à 4 ans, le nombre d’insectes est tel que le Gorgojo continue de coloniser les plantations.

 

     Les pins les plus âgés du domaine ont 14 ans. A l’issue des deux itinéraires techniques décrits précédemment, et si le marché se maintient, Carlos peut espérer vendre le stère de pin à 22 000 pesos, et celui d’eucalyptus à 24 000 pesos ; soit respectivement 35 et 39 € par m3 de bois.

 

DSC06192     Afin de sécuriser la production, la plantation forestière est dotée de deux lagunes qui se remplissent naturellement avec l’eau de pluie. Elles constituent une réserve d’eau en cas d’incendie.

P1020220la foto 4     Deux camions de pompiers appartenant à la propriété viennent s’approvisionner dans les lagunes si besoin est. Pour un feu de grande ampleur, il y a aussi un canadair ; d’où la présence de la piste de décollage en plein centre de la plantation. Voici une vidéo d'une simulation organisée par Carlos :

 

 

Vue de la propriété surplombée par un nuage.

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La fabrication de la brique

 

     A la périphérie de Cauquenes, il est fréquent de rencontrer de petites fabriques artisanales de briques.

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     Les briques sont faites de terre et d’eau. Après avoir récupéré de la terre sur les versants de la cordillère de la côte, elle est tamisée afin d’en éliminer les impuretés ou les éléments les plus grossiers. Elle est ensuite versée sur cette plate-forme :

DSC06066     Au fur et à mesure qu’on y ajoute de l’eau, un cheval tourne afin d’homogénéiser le mélange avec ses sabots. Ensuite, les blocs sont moulés sur la structure de gauche et sont séchés au soleil. Les briques sont orientées différemment car chaque face du parallélépipède doit sécher :

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     Pendant 36 heures, les briques sont empilées et cuites au feu de bois dans un grand four :

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     La surveillance et l’approvisionnement en bois (du pin) sont permanents :

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     Si la place dans le four est insuffisante, un autre four « à l’air libre » est allumé. Il est constitué des briques elles-mêmes :

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     Une brique se vend 100 pesos, soit 0,16 €.

 

 



 

Conclusion

 

     Les enjeux auxquels est confrontée la région de Cauquenes témoignent du rôle et de la place de l’homme. A cause de la déforestation massive de la forêt native, il fut à l’origine du phénomène d’érosion. La dégradation des sols a atteint un niveau de gravité considérable. Aujourd’hui, c’est paradoxalement lui seul qui apparaît comme solution au problème. En développant intelligemment les activités agricoles, sylvicoles et viticoles pour qu’elles constituent un frein à l’érosion, l’homme a la capacité de limiter la perte de sol.

     Berceau de la viticulture chilienne, la vallée de Maule est devenue la plus grande région viticole du pays puisqu’elle représente 1⁄4 du vignoble national. La production totale de vin s’élève à 8 millions d’hectolitres, ce qui fait du Chili le cinquième pays exportateur de vin dans le monde.

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A bientôt pour une destination au bord de l’océan !

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 17:28

Le travail de la vigne

P1020103     Les vignes en-dessous du chemin sont celles que loue Louis-Antoine. Il utilise principalement du Pais. Ce cépage dorénavant considéré comme autochtone a été importé par les Conquistadores. Il est le cépage traditionnel du Chili. Cependant, n'étant pas un cépage "aristocratique", peu de producteurs le valorisent. Sur une parcelle de 13 hectares, 90 tonnes de raisins ont été vendangées, soit 60 000 litres de jus. Le rendement moyen des parcelles de Louis-Antoine s’établit à 4 500 litres par hectare.

 

     Avec un système d’irrigation, le double serait atteint. Mais, par conviction personnelle, le vigneron se refuse d’utiliser une ressource devenue fragile et rare. Cet engagement pourtant responsable ne lui permet pas de bénéficier des aides de l’état chilien qui subventionne généreusement des installations de systèmes d’irrigation.

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     Au Chili, la maturité d’une vigne est atteinte entre 10 et 15 ans. Elle continue à produire jusqu’à 150 ans d’âge et au-delà pour certaines plantations de Pais ! Il faut ensuite l’arracher et la replanter. En France, une plantation de 80 ans est déjà vieille. Fait étonnant, le Chili demeure jusqu’à présent épargné par le phylloxera, en raison entre autres de son climat et de son isolement géographique. Le vin chilien est donc toujours produit à partir d’authentiques pieds de vignes pré-phylloxera, appelé « franc de pied », et non à partir de porte-greffes (racines américaines résistantes à cette peste de la vigne) comme c’est le cas en France.

DSC05761-copie-1.jpg      Avant la récolte du raisin, la vigne fait l’objet d’une attention toute particulière. Cette parcelle de Cabernet-Sauvignon a 12 ans. Baptiste en vérifie l’état de santé : est-elle suffisamment aérée et équilibrée ? Y-a-t’il des maladies ?

     La station de cette vigne, à la différence de la majorité de celles du Chili, est en « Guyot double », c'est-à-dire qu’elle est à hauteur des hanches, contrairement à la station en « pergola » qui permet de cueillir le raisin à deux mètres au-dessus du sol. En plus d’un important travail de taille des pieds de vigne, les allées sont hersées. Ce travail du sol permet une meilleure pénétration de l‘eau. Il détruit aussi les racines superficielles ce qui engendre un développement des racines en profondeur, là où l’eau est plus disponible.

DSC05793     Cette vigne est du Carmenère. Ce cépage originaire du bordelais est aujourd'hui très rare en France. La plantation a subit un « coup de charge ». Avec une période d’humidité et de chaleur, la croissance de l’entre-cœur a été fulgurante, donnant ainsi cet aspect touffu. Il faut maintenant la tailler "en vert", c'est à dire retirer les excès de croissance.


DSC05776     Il s’agit d’une vigne de Pais laissée à l’abandon pendant des années. L’an passé, Louis-Antoine a décidé de la louer et de la remettre en état. L’évolution est prometteuse, seuls quelques problèmes d’acariose subsistent : des acariens pondent leurs œufs sous les feuilles qui deviennent cloquées.

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     La plantation présente la particularité de cohabiter avec 80 oliviers. Ce sont les points visibles à gauche du cours d’eau ci-dessous. Cette polyculture constitue sans aucun doute un atout pour la biodiversité et pour le revenu de l’exploitant.

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     Lors de mon passage à Cauquenes la troisième semaine de décembre, la vigne était en fin de floraison. Puis suivra le développement des fruits et la fermeture de la grappe à la fin du mois de janvier. Elle aura alors sa forme définitive. Pendant l’étape de véraison, les baies changeront de couleur. La vendange aura lieu à la fin du mois de mars.

 

     La viticulture permet, en plus de la production de vin, une protection des sols de la région. Ceux-ci sont effectivement très fragiles à cause d’un phénomène de grande ampleur.

 

Le problème de l’érosion


     Lors de la précédente étape à Chillán, j’avais rencontré le professeur Juan Alberto Barrera de l’université d’agronomie de Concepcion.

DSC05325     Ce chercheur en sciences du sol m’a fait un constat alarmant de l’état des sols du Chili et en particulier de ceux de la région de Cauquenes. Comme le montre cette image, Cauquenes est la zone la plus érodée de la 7ème région. La couleur rouge correspond au niveau d’érosion le plus élevé.

Carte d'érosion petite

 

     L'érosion est la cause principale de la dégradation des sols au Chili. De par la conformation topographique du pays, l’érosion, principalement d’origine hydrique, sévit dangereusement. Lors des épisodes pluvieux d’hiver (juin-juillet), les deux chaînes de montagnes que sont la Cordillère des Andes et celle de la côte, causent des ruissellements à l’origine de départs de sol. Au total, 46% de la surface du pays est affecté par l’érosion à des degrés différents. 4% des sols présente une érosion grave, 12% est fortement érodé, 20% modérément et 10% se trouve dans un état de légère érosion.

DSC06095     Les sols de la région du Maule, à Cauquenes, constituent le Secano Interior. Ce sont des sols parfois très rouges (présence de fer). La composition des zones en dénivelé est dominée par le granite ; celles des fonds est argilo-limoneuse.

 

     La région était originellement recouverte d’une forêt native. Parmi de nombreuses espèces, on trouvait le boldo (Peumus boldus) et l’espino (Acacia caven).

 Boldo acacia

     Dans les années 1950, le secteur a été complètement défriché au profit de la culture de blé et, qui plus est, de la monoculture de blé. Les sols se sont progressivement retrouvés à nu. Leur teneur en matière organique et en macro éléments, gages de stabilité, n’a cessé de diminuer. Selon Juan Alberto Barrera, certains endroits ont maintenant perdu l’horizon A et B (couches de sol). C'est-à-dire qu’il manque jusqu’à deux mètres d’épaisseur de sol et que l’horizon C se retrouve en surface !


     Pendant le vol, il n’y avait pas besoin de chercher les signes d’érosion. Ils étaient immédiatement détectables :

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     La présence des arbres permet de se rendre compte de l’étendue de la marque d’érosion au cœur de ce champ de céréales. La perte en surface cultivable n’est pas négligeable.

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    Aux abords de la ville, ces veines sont des marques d’érosion colonisées par la végétation :

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     La végétation, avec les racines et la matière organique, participe à maintenir le sol. Elle en assure sa cohésion. Sans elle et en présence d’un dénivelé, le risque d’érosion est élevé :

DSC06090DSC06092     La faille à gauche de l’image est en érosion. Au centre, les arbres permettront, au fur et à mesure de leur croissance, de contenir le phénomène.


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     Voici un autre exemple de contention de l’érosion. Autour d’une crevasse, des pins ont été plantés. Mais, de l’autre côté du chemin en haut à gauche, on devine que le phénomène continue. A droite, les rayures vertes constituent une jeune plantation de pins. A la manière des courbes de niveau d’une carte topographique, l’orientation des allées de pins se fait perpendiculairement au relief afin, là aussi, d’empêcher le départ de sol.

 

P1020124     Les eaux de ruissellement érodent le sol en rejoignant la rivière, comme au centre de l’image. Sur la photo suivante, on se rend davantage compte de l’ampleur du phénomène touchant cette zone. Le champ clair permet de situer et d’orienter l’image par rapport à la précédente :

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     Sur cette parcelle, étaient plantés des pins qui, arrivés à maturité, ont été coupés. Cela laisse apparaître la veine colonisée par la végétation.

 

La dernière partie arrive bientôt.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 10:19

Bonjour à tous !

Cauquenes Google Earth     Je suis remonté en direction du Nord, à 90 km de la précédente étape de Chillán. Je me trouve à Cauquenes, dans la région VII, appelée la région du Maule.

P1020411     Cette ville de 30 000 habitants a subi de plein fouet le tremblement de terre du 27 février dernier, mettant un frein aux principales activités de la région : petite agriculture, viticulture et sylviculture.

     Sur place, j’ai été chaleureusement accueilli par Louis-Antoine et Dorothée Luyt.

DSC06263     Louis-Antoine est un Français qui vit depuis 12 ans au Chili. Il est vigneron et n’a pas hésité à me partager sa passion pour le vin, pour le bon vin ! Merci à lui pour cette découverte et un grand merci à Dorothée pour m’avoir fait découvrir les alentours de la ville.

     Leur maison a été détruite par le tremblement de terre. Ils logent provisoirement dans une petite maison en bois en attendant la reconstruction de leur domicile. De ce fait, un des amis de la famille, Carlos Nilo, m’a hébergé dans sa maison. Merci à la solidarité chilienne, qui, même dans des conditions difficiles, se débrouille toujours pour bien vous accueillir.

 

Lorsque la terre a tremblé


      Le 27 février 2010, à 3h 30 du matin, un tremblement de terre a surpris soudainement les habitants.

épicentre     Avec une magnitude de 8,8 sur l’échelle de Richter et un épicentre situé à seulement 50 kilomètres, la ville fût détruite à 70% ! Un tsunami inonda les côtes chiliennes de la septième région. Le dernier bilan du séisme a fait état de 550 morts. Le nombre de sinistrés potentiels a été estimé à environ 2 millions de personnes et les dégâts ont été évalués à 30 milliards de dollars. Les sismologues ont estimé que le séisme a été assez puissant pour décaler l'axe de rotation de la Terre de 8 centimètres ! Du coup, la durée d’un jour est désormais plus courte de 1,26 microseconde.

     Voici des photos prises par Dorothée le 27 février.

Tremblement-de-terre 1844     Beaucoup de constructions n’ont pas résisté.

Tremblement-de-terre 1845    

     Dix mois après, les cicatrices du séisme sont toujours visibles. Les petites toitures blanches sont, pour la plupart, des maisons de fortune. On les appelle des « media agua ». Elles offrent un confort sommaire aux habitants en attendant la reconstruction de leur maison.

P1020434     Photo prise à la verticale de la place de Cauquenes.

     Au Chili, très peu de propriétaires assurent leurs biens immobiliers. Ainsi, faute de financement, la reconstruction des domiciles est parfois longue.

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     Un témoin impressionnant du « terremoto » comme on l’appelle au Chili est sans doute celui-ci…

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…car lorsqu’on s’en approche, la structure de l’édifice fait vraiment peur :

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     D’autres constructions témoignent encore de la violence de la principale secousse. Une soixantaine de répliques a été ressentie dans la journée.

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     Ici, se trouvait un magasin Bata :

DSC05736     Suite au tremblement de terre et sous l’impulsion de Français vivant à Cauquenes, une association fut créée : France-Cauquenes .Elle mène plusieurs actions pour venir en aide aux habitants en finançant par exemple la reconstruction d’établissements scolaires et de santé. Vous accéderez ici au site internet de l’association.

 

L’activité locale


     Après cet épisode qui a gravement affecté l’économie des zones touchées, Cauquenes se remet petit à petit et retrouve son dynamisme. Le marché, se tenant le mercredi et le samedi est un des plus animés que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à présent. Les œufs, à droite de la pancarte, permettent de se rendre compte de la taille des fraises ! En plus d’être grosses, elles sont délicieuses !

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     Les odeurs et les couleurs donnent très envie. Ici, les « cinq fruits et légumes par jour » sont largement possibles de par la quantité et les tarifs exercés.

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     Ce sont surtout des petits producteurs du « campo », c'est-à-dire de la campagne, qui viennent vendre leur récolte.

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     Concernant les cultures, il y a très peu de mécanisation. Durant le vol, je n’ai observé qu’une parcelle fauchée qui venait d’être andainée par une machine. Lors des travaux, les arbres parsemant la parcelle occasionnent une contrainte supplémentaire pour l’agriculteur. Cependant, ils sont bénéfiques à la biodiversité.

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     Voici la situation la plus fréquemment rencontrée. C’est une parcelle de céréales fauchée manuellement ! Les tas blancs sont des fagots. Par contre, l’absence de « ronds » au sol indique que le grain n’a pas encore été battu. Sous un air ambiant à 38 °C, ce travail n’est pas des plus reposants.

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     Pour offrir de la pâture aux troupeaux, la sécheresse oblige aussi l’irrigation, bien visible ici avec le reflet de la lumière.

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     Le contraste entre sols cultivés ou abandonnés, entre terres  irriguées ou non, confère au paysage cet effet bariolé.  P1020124

 

Le vol

 

     Je suis à Cauquenes pour quatre jours. Je regarde la météo de la région et la journée la plus propice est…celle d’aujourd’hui ! Ni une ni deux, une fois le montage du paramoteur terminé, je décolle du terrain de foot à 15h :

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     J’évolue en « spiralant » dans des courants d’air chaud ascendants pour prendre de l’altitude le plus rapidement possible :

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     Dans ces conditions, je monte à la vitesse d’environ 4 mètres par seconde et me rapproche des nuages : P1020049

 

     L’ascension se poursuit et la base des nuages approche. On l’appelle le plafond et on comprend pourquoi. On a l’impression qu’on va se taper la tête contre :

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     En France, pour des raisons de visibilité, il est interdit pour un paramotoriste de voler à l’intérieur d’un nuage. Même dans le ciel chilien, je préfère passer entre les nuages :  P1020279

 

     Ces monstres de vapeur d’eau sont impressionnants :

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     Me voilà à la cime des nuages. Dans le ciel, il existe trois couches de nuages : ceux de l’étage inférieur (jusqu’à 2 000 mètres), de l’étage moyen (de 2 000 à 6 000 mètres) et de l’étage supérieur (jusqu’à 13 000 mètres). Ici, ce sont des cumulus de l’étage inférieur et des altocumulus de l’étage moyen :

P1020297

 

     J’arrive à l’altitude de 2 500 mètres…et il commence à faire froid. Sous les nuages, se trouve la cordillère de la côte. Cette chaîne de montagnes constitue une barrière naturelle au passage des nuages. Le phénomène se voit clairement ici. A l’horizon, on aperçoit l’océan Pacifique situé à 30 kilomètres à vol d’oiseau. P1020329

 

     Après un vol de 2h30, j’atterris dans un parc à vaches, en périphérie de Cauquenes. Des enfants du campo viennent à ma rencontre. Quel plaisir de leur montrer les photos aériennes : ils ont les yeux qui brillent. Même le plus jeune d’entre eux voudra porter le paramoteur sur son dos.

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Voici une vidéo réalisée pendant le vol :

 

 

 

Un vigneron différent des autres


DSC05702     A Cauquenes, il y a approximativement 1 000 vignerons. Un tiers d’entre eux fait partie de la Cooperativa Agrícola Vitivinícola de Cauquenes. Cette structure fut fondée en 1939 suite au tremblement de terre qui détruisit la majorité des vignobles de la région. La coopérative regroupe des propriétaires ayant des surfaces de vignobles allant de 2 hectares jusqu’à 500 hectares. Cependant, chaque membre détient le même pouvoir politique, quelle que soit la taille de son exploitation. La coopérative, qui produit des vins qu’on pourrait qualifier « d’industriels », est aujourd’hui en péril économique. Son manque de moyens l’empêchant d’innover ne lui permet pas de se placer idéalement sur un marché déjà bien pourvu. En somme, elle produit des vins peu compétitifs. Avec une capacité de 22 millions de litres, la coopérative n’en vinifie que 6 millions. Sachant que le minimum viable est de 8 millions de litres, elle se trouve dans l’obligation d’acheter du raisin à l’extérieur. La coopérative de Cauquenes n’est pas un cas isolé au Chili et en règle générale, les coopératives viticoles du pays vont mal.

 

     Fort de ce constat, Louis-Antoine a décidé de produire du vin autrement. Ses méthodes de production sont respectueuses de l’environnement. L’objectif est que la différence entre son vin et les autres soit perceptible par le consommateur. Ce dernier doit y  retrouver le terroir de Cauquenes !

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    Selon Louis-Antoine, les vignobles de ce terroir, bercés par un climat exceptionnel, n’ont pas besoin des moyens de protections chimiques et hydriques qu’utilise la plupart des vignerons.

P1020389     Le climat de la région de Cauquenes est méditerranéen, « c’est le Languedoc » me dit Louis-Antoine. A quelques kilomètres de là, de l’autre côté de la cordillère de la côte et avec l’influence maritime, le climat est plus humide. Cauquenes bénéficie donc de conditions climatiques sèches et chaudes en été, humides en hiver, idéales à la valorisation de la production de Louis Antoine. En effet, avec de telles conditions météo et un écosystème diversifié, peu de maladies de la vigne se développent. Louis-Antoine n’applique donc pas de produit chimique (production biologique non certifiée) et pratique l’irrigation sur quelques parcelles seulement en cas de très grosses chaleurs qui risqueraient d’endommager la vigne.

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     Louis-Antoine n’est pas propriétaire de vignobles. Il loue d’une part quatre parcelles et achète d’autre part le raisin à de petits vignerons ayant des pratiques techniques conformes à ses attentes. Concernant la vinification, Louis-Antoine loue des caves appartenant à l’INIA. Vous trouverez une description de cet organisme sur l'article précédent.

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     Après le pressage, le jus du raisin est stocké dans des cuves en béton d’une capacité de 12 000 litres ou  dans de petites cuves en inox.

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     La fermentation se poursuit dans des fûts en chêne en fin de vie. La cave de l’INIA n’est pas isolée et avec des amplitudes de température parfois importantes entre l’hiver (5°C) et l’été (35°C), le suivi de la fermentation du vin demande beaucoup d’attention. Lors de fortes chaleurs, les fûts sont arrosés pour diminuer la température du précieux nectar et pour maintenir une certaine humidité.

DSC05685     Baptiste, un ami vigneron de Louis-Antoine est en train de goûter et noter des échantillons de différents tonneaux afin de s’assurer de leur bonne évolution pour, si nécessaire, « travailler » le vin en modifiant ses conditions de stockage. Cet exercice permet aussi d’imaginer à quoi ressemblera l’ « assemblage ». Cette étape de finalisation consiste à mélanger plusieurs cuvées pour composer un vin.

     En termes de volume, Louis-Antoine a stocké 85 000 litres en 2009 et 50 000 litres en 2010. Cette diminution s’explique par le tremblement de terre qui a détruit une grosse partie de sa production et a largement pénalisé la rentabilité de son activité.

Tremblement-de-terre 1879     Voici dans quel état se trouvait la cave au lendemain du tremblement de terre.

Tremblement-de-terre 1895

 

     A l’heure actuelle, Louis-Antoine vend un petit volume au Chili. Les événements passés l'ont empêché d'exporter en 2010. Mais le potentiel de son vin lui permet d’envisager une reprise de l'export au Brésil, en Europe et au Japon. Il veut se développer davantage afin de sécuriser sa production.

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La suite arrive très prochainement...

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 15:40

      L'irrigation à pivot central est une forme d'irrigation aérienne, reproduisant une pluie artificielle. Le système est composé de plusieurs segments de tuyaux d'une longueur de 60 mètres surplombant les cultures. Ici, il s’agit de betteraves.

DSC05484     Ces segments sont assemblés les uns aux autres et sont supportés par des essieux à roues qui dessinent les cercles bien visibles depuis le ciel.

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      Des buses d’aspersion sont disposées le long des segments et permettent de diffuser l’eau.

DSC05493     Le système est alimenté en eau par le pivot central, autour duquel il tourne. Le disque est composé de deux cultures : betterave et orge. Mais, à ce stade de croissance, il n’est plus irrigué.

P1010042     Le mouvement de rotation est assuré par un moteur électrique monté sur chaque essieu. Le principe même du cercle fait que les roues doivent avancer à des vitesses différentes : plus on s’éloigne du centre, plus la vitesse augmente. Du coup, le débit d’eau varie également en fonction de la distance par rapport au centre. Plus on s’en éloigne, plus le débit augmente. Cette situation est bien visible :

P1010268     Au total, cette rampe d’irrigation utilise 70 litres d’eau par seconde. Elle provient du Rio Chillán :

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      A l’horizon, on aperçoit le volcan Chillán qui culmine à 3122 mètres. Il se trouve à 60 kilomètres d’où à été prise la photo. C’est un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 1751.

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      L’eau provient de la fonte des neiges de la Cordillère des Andes.

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      Les plus grands systèmes d’irrigation à pivot central que j’ai pu voir permettent d’irriguer une surface de 80 hectares. La rampe d’irrigation ne mesure pas moins de 500 mètres ! Un tel système coûte ici 100 000 000 de pesos, soit 162 400 euros.

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      Il s’agit du système d’irrigation photographié précédemment, qui irrigue des cultures d’orge (à gauche) et de betterave (à droite).

DSC05477 bis     Les différences de couleurs et de textures au sein du disque supposent plusieurs causes. Dans la partie de droite, on distingue deux « carrés » plus foncés. La végétation y est moins avancée qu’ailleurs. Ceci est sûrement dû à une différence de composition du sol qui devait être cultivé différemment avant que le système d’irrigation sur pivot central ne soit installé. Dans le demi-disque de gauche, on dénombre trois couleurs. La couleur majoritaire verte foncée correspond à une croissance normale de l’orge. La couleur tendant vers l’orangé est certainement causée par des natures de sols différentes ou par des maladies fongiques, comme l’helminthosporiose. Si c’est le cas, on peut facilement voir que le développement du champignon se fait suivant la direction de la rampe d’irrigation (partie basse du disque), donc, est dépendant de la quantité d’eau reçue. D’ailleurs, l’agriculteur était en train de traiter au pulvérisateur :

P1010039     La troisième couleur verte claire, visible sur les deux images précédentes est de l’orge couchée. A cause d’une taille excessive, d’une fragilité de la tige et du vent, le plant d’orge se couche. C’est ce qu’on appelle la verse physiologique.

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Autres exemples d’irrigation à pivot central :

P1010021     Des petits ponts en bois permettent aux roues de franchir les canaux d’irrigation.


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     On remarque la superposition de deux disques. Le réservoir d’eau dans le disque plus foncé sert certainement à approvisionner le système d’irrigation.

P1010184     Vue sous un autre angle :

P1010212P1010223     ¾ d’un disque sont irrigués. Le sol conserve malgré tout son architecture d’origine constituée de canaux. De part et d’autres de ceux-ci, la végétation a été coupée afin de permettre le passage de la rampe d’irrigation.

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      Lors du premier vol, j’ai repéré cette ferme :

P1010052     Avec la présence de vaches et de silos (bâches noires), il y a de grandes chances qu’il s’agisse d’une exploitation laitière. Après m’être renseigné, il s’agit d’une ferme dépendante de l’université adventiste de Chillán. Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, j’ai accédé à la ferme qui m’a été présentée par son administrateur : Christian Carillo.

DSC05426     Cet ingénieur agronome encadre une équipe de dix personnes. Il m’explique que sa conduite d’élevage est en période de transition. Il y a quatre ans, la ferme élevait une trentaine de vaches à viande et à lait dans des conditions très intensives. Depuis, toutes les vaches à viande ont été vendues. A l’heure actuelle, il y a 75 vaches de race Prim’ Holstein, donc, utilisées pour la production laitière. La production moyenne par vache et de 6 000 litres de lait par an. L’objectif est d'atteindre dans deux ans une production de 10 000 litres de lait par an et par vache. Voici la salle de traite :

DSC05419     Même s’il y a deux quais de chaque côté, il s’agit d’une « 1 x 8 ». Cela signifie que lorsque huit vaches sont en train de se faire traire, l’agriculteur nettoie le pis de huit autres vaches sur le quai opposé.

     La ration se compose d’ensilage de maïs et d’herbe, de foin de luzerne et de graminées, et de concentrés composés de tourteau de soja et d’arachide, de minéraux et de vitamines. Christian m’a précisé qu’il n’y avait pas de pâturage. La ferme cultive 50 ha de maïs, 20 ha d’herbe et 16 ha de luzerne.

P1010232 bis     On repère bien depuis le ciel les silos noirs d’ensilage de maïs et d’ensilage d’herbe. L’ensilage est une méthode de conservation du fourrage par voie humide, à la différence du foin qui constitue la voie sèche. Avec une herbe à 15% de Matière Sèche (MS), ou un maïs à 30% de MS, la voie humide permet d’obtenir des ensilages compris entre 33 et 35% de MS. Pour de l’herbe stockée par voie sèche, la teneur en MS augmente à 85%.

DSC05449     Au moyen d’une ensileuse, le fourrage est tout d'abord haché en particules dont la longueur avoisine le centimètre. Puis, il est stocké en couches successives sur le sol et est compacté à l'aide d’un tracteur afin d'expulser le maximum d'air. Cela participe, conjointement à l’ajout de la bâche en plastique noire, à la mise en anaérobiose du fourrage. C'est-à-dire qu’il est stocké en absence d’oxygène. Ceci va permettre, grâce à l’action de bactéries anaérobies (vivant en absence d’oxygène) une fermentation dite « lactique anaérobie ». Le fourrage est ainsi conservé.

      Au Chili, à la différence de l’Union Européenne, il n’y a pas de quota laitier. C'est-à-dire qu’un éleveur laitier peut produire autant de lait qu’il le désire et ce, sans risque de pénalités économiques. Le lait de la ferme adventiste est vendu de trois manières différentes. Mensuellement, 10 000 litres sont transformés en fromage au sein de l’université et sont vendus à des commerçants de Chillán. 2 000 litres sont bus par les élèves à l’heure du repas de midi. Enfin, 30 000 litres sont vendus chaque mois à la laiterie Danone de Chillán. Le prix d’achat du lait est de 158 000 pesos pour 1 000 litres, soit 256 € / 1 000 litres. En France, en ce mois de janvier, ce prix s’établit en moyenne à 305 € / 1 000 litres.

 

DSC05432     Comme les vaches n’ont pas accès aux pâtures, elles se reposent dans des compartiments appelés « logettes ». La tache fluo sur la base de la queue est un moyen de détection des chaleurs appelé Tail-Painting. La chaleur correspond au comportement particulier de la vache pendant la période appelée « œstrus », pendant laquelle elle accepte l’accouplement et peut donc être inséminée.

     La technique du Tail-Painting est simple : le planning de reproduction permet d’identifier les vaches susceptibles d’entrer en chaleur dans les prochains jours. Dès lors, Christian marque la croupe de ces vaches à la bombe de peinture fluo. Si les vaches viennent en chaleur, elles se font chevaucher par une autre, ce qui enlève progressivement la peinture. Comme Christian utilise l’insémination artificielle, il appelle l’inséminateur qui, à l’aide d’une paillette, vient féconder la vache. On peut noter qu’une paillette de 250 microlitres contient 20 millions de spermatozoïdes ! Celles utilisées par Christian coûtent 6 500 pesos, soit 10 €.

DSC05466     Comme en France, les éleveurs chiliens font appels aux vétérinaires en cas de nécessité. Christian m’a dit qu’il essaie de l’appeler le moins possible, car la prestation coûte relativement cher. Il est cependant obligé de faire réaliser certaines vaccinations par le vétérinaire. A titre indicatif, une césarienne coûte ici 70 000 pesos, soit 110 €. En France, cet acte se chiffre à 150 €

 

 


 

Conclusion

 

      Les environs de Chillán reflètent la situation agricole de la région et témoignent du potentiel qu’offre le Chili. Avec une importante surface dédiée aux productions céréalières, maraichères et à l’élevage, la province de Ñuble constitue une zone incontournable de l’agriculture chilienne, où cohabitent de nombreuses exploitations de petites à moyennes tailles. Ce dynamisme agricole est renforcé par des centres de recherche tel l’INIA de Quilamapu qui, à travers des programmes expérimentaux, permettent un transfert technologique des instituts de recherche vers les agriculteurs et les industries de transformation. Ces innovations agronomiques et agro-alimentaires constituent un atout pour la compétitivité de l’agriculture chilienne sur la scène mondiale.

 

 

A bientôt pour une destination qui ferait rêver tout vigneron !

 

P1010044

 

Et en bonus pour celles et ceux qui ont eu le courage de tout lire, un court clip vidéo qui permet de mieux comprendre comment fonctionne un paramoteur :


 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 15:38

P1010149

Bonjour à tous !

     Je me trouve à Chillán, une ville de 180 000 habitants, située dans la région VIII del Biobío, à 430 km au Sud de Santiago.

Google Earth     Cette ville n’était pas au programme de l’itinéraire du projet Aéro-Chili. Au début du mois de décembre, un parapentiste de Chillán m’a appelé pour me proposer de m’accueillir et de me faire découvrir ce secteur dominé par l’agriculture. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de Francisco et Kena Arevalo.

DSC05629     Kena est gérante d’un petit magasin de vêtements et Francisco est un ancien carabinero (policier) à la retraite qui travaille actuellement dans la construction de maisons. Durant les quatre jours passés sur place, il s’est montré très disponible. Merci à eux et à leurs deux filles pour leur accueil !

     J’ai pu réaliser deux vols. Lors du premier, le ciel était couvert et surtout, les nuages étaient bas, plus que ce que je ne pensais. A partir de 200 mètres de hauteur, j’entrais dans les nuages ! Je suis donc resté en dessous mais la vue n’était pas très haute, ni lumineuse :

P1010006    

     Le ciel du deuxième vol était plus dégagé, ce qui m’a permis de monter à 1 500 mètres :

P1010157     Voici Chillán vue du ciel.

 

Visite de l’INIA de Quilamapu

 

     L’INIA (Instituto de Investigaciones Agropecuarias) est un institut de recherche agricole. Il a été créé en 1964. C’est la principale institution de recherche agricole du Chili. Bien que dépendant du ministère de l'agriculture, l’INIA est aussi financé par des fonds privés.  

DSC05188     La mission de l'INIA est l'innovation dans les diverses productions agricoles afin d’améliorer la compétitivité et la viabilité de l’agriculture chilienne. Les thèmes de recherche portent aussi bien sur la fertilisation des cultures céréalières et des arbres fruitiers que sur la détection des maladies, la nutrition animale, la qualité des produits transformés.

     L’INIA dispose d'une couverture géographique nationale par le biais de dix centres régionaux de recherche, des laboratoires, des centres de documentation. L’INIA effectue aussi des prestations de service pour de grandes firmes semencières. Lors de mon passage, l’institut de recherche testait des semences d’orge pour le semencier BASF.

     Malheureusement, je n’ai pas réussi à survoler les champs de l’INIA car je n’avais pas assez de carburant pour les atteindre.

DSC05306

     Le centre expérimental de l’INIA de Quilamapu s’étend sur 630 hectares. Il est administré par Waldo Ortiz qui encadre une équipe de 40 personnes sur les 200 travaillant dans l’institut de recherche.

DSC05258     Le centre teste des semences de plantes diverses : blé, orge, avoine, triticale, riz, maïs, graminées pour pâturage et fourrage, lentilles, oignons, haricots, fraises et framboises.

DSC05218     Les lieux m’ont été présentés par Luis Vabres qui est technicien agricole, spécialisé en malherbologie (étude des mauvaises herbes). Il m’a montré les travaux des foins.

DSC05222      Ces petites bottes carrées vont être vendues à un particulier qui a exigé une qualité de fourrage particulière.

     Sur une autre parcelle, Christian Villaro récolte ses essais. Il teste différentes natures de prairies temporaires (= semées) à base de graminées (Ray-grass italien ou anglais, dactyle, fétuques), de légumineuses (luzerne, trèfle blanc ou violet), de mélanges graminée-légumineuse (Ray-grass anglais - trèfle blanc, dactyle - luzerne). Pour un même essai, différentes combinaisons d’apport en fertilisants (azote, phosphore, potassium) sont faites. L’objectif de ces essais est de déterminer, pour diverses utilisations de la pâture ou du fourrage, l’optimum entre rendement et apports en fertilisants.

DSC05228     Lorsque la plante a atteint la maturité suffisante, Christian la récolte à l’aide de la tondeuse. Il va ensuite déterminer le rendement en matière sèche par hectare de chaque essai. Pour cela, il pèse l’herbe fraîchement coupée. Ensuite, il la met à l’étuve pendant 48 heures à 80°C afin d’en évaporer l’eau. C’est un four où les conditions de température sont précisément contrôlées. Enfin, il repèse l’herbe en sortie d’étuve, ce qui lui indique la matière sèche de l’essai considéré, et donc, lui permet de connaitre l’essai le plus intéressant.

DSC05251     Miguel Soto est en train de désherber manuellement une parcelle d’oignons. Deux variétés sont testées afin d’obtenir les plus gros oignons du Chili me dit-il ! Leurs doux noms sont B2 et C1 ^^. La parcelle de droite est recouverte d’oignons montés en fleurs. Miguel en récoltera les graines qui seront ensuite vendues à des producteurs.

DSC05320     L’INIA de Quilamapu s’est spécialisé dans la recherche rizicole. Six variétés de riz sont actuellement en test et quatre sont déjà commercialisées.

DSC05289     Selon Sergio et Bernardo, les axes de recherche s’orientent vers l’amélioration des rendements dans des conditions climatiques de plus en plus sèches.

DSC05318    

     Voici la zone expérimentale concernant le blé :

DSC05264     Chaque couleur représente une variété. Vous pourrez trouver ici les caractéristiques des variétés déjà commercialisées.

     Dommage que je n’ai pas réussi à survoler ces parcelles car ça devait être beau vu du ciel.

DSC05267

 

L’agriculture de la province de Ñuble


     Cette zone est bercée par climat tempéré chaud, semblable à celui de Santiago, même si l’augmentation des précipitations et une saison de sécheresse plus courte lui confèrent des caractéristiques distinctes. La province de Chillán est plane. Elle est très rurale avec des habitations éparpillées. Beaucoup de gens sont agriculteurs  ou possèdent au moins une parcelle pour y faire un grand potager ou nourrir le bétail pour l’autoconsommation.

DSC05367     La répartition des terres s’organise selon deux niveaux.

DSC05044     Le premier constitue un damier relativement régulier (au fond de la photo ci-dessous) incluant le deuxième niveau : un agencement des parcelles moins symétrique et des contours davantage irréguliers.  P1010211

     Au centre de la photo, on aperçoit deux cercles. Il s’agit de cultures irriguées par un système appelé : « à pivot central ». Dans la région, ce mode d’irrigation se développe de plus en plus. Le paysage se transforme et l’organisation originelle en damier se ponctue de disques. P1010215

     Les haies qui matérialisent le quadrillage sont constituées de pins, d’eucalyptus, mais surtout de peupliers. Ces derniers se développent préférentiellement aux abords des cours d’eau et des canaux d’irrigation.

P1010238     Les sols du secteur sont des sols présentant des caractéristiques propices au phénomène d’érosion. Cependant, l’absence de forts dénivelés atténue les risques qui se limitent aux rives des cours d’eau comme le Rio Chillán :

DSC05091

     L’agriculture se pratique à petite et moyenne échelles. Elle n’a rien à voir avec les parcelles de centaines d’hectares que j’ai pu voir à Ovalle. Il y a très peu de zones laissées à l’abandon ; tout ce qui peut être cultivé l’est.

P1010181     Chillán se situe au cœur d’une importante région agricole du pays avec, comme productions dominantes : le blé, l’orge, le maïs et la betterave. On rencontre aussi du riz et des productions maraichères. La rotation (succession des cultures sur une même parcelle) caractéristique du secteur est : tournesol – maïs – blé. A noter que la monoculture de maïs est possible et aussi largement réalisée.

P1010255

     Des exploitations de polyculture-élevage utilisent des pâtures pour leurs vaches laitières. Ces prairies sont inclues dans une surface totale comprise entre 50 et 200 hectares pour un troupeau laitier dépassant rarement 100 vaches.

     J’ai aussi constaté à plusieurs reprises la présence d’une toute petite agriculture utilisant la traction animale…

DSC05397DSC05036…jusqu’à rencontrer des exploitations mécanisées de 200 hectares :

DSC05241     Petit clin d’œil à Jean-François V.

     Entre les deux, il y a des propriétés de taille moyenne, comme celle de Leonardo Avilera.

DSC05406     Je l’ai rencontré pendant qu’il andainait une parcelle d’avoine. Ce travail consiste à aligner l’avoine fauchée en « andains » pour en faciliter le ramassage. Voici sa parcelle vue du ciel :

P1010070     Il exploite seul 80 hectares de terre et trait 40 vaches laitières de race Angus.

Angus     Cette race est renommée pour ses caractéristiques maternelles : facilité au vêlage et production de lait. Elle est en général élevée à des fins bouchères. L’Angus ne possède pas de corne, ce qui cause moins de risques de blessures pour l’agriculteur et entre les vaches elles-mêmes. La salle de traite de Leonardo lui permet de traire six vaches à la fois :

DSC05409     L’eau qui recouvre le sol de l’aire d’attente n’est pas due aux précipitations, mais à un canal d’irrigation débordant.

     Dans la province, on rencontre deux types d’irrigation : gravitaire avec des canaux creusés (raies à gauche) et l’irrigation par aspersion à pivot central (disque à droite).

P1010178

Exemples d’irrigation gravitaire :

P1010072P1010132P1010202P1010229Les mêmes parcelles vues sous un autre angle :

P1010263

 

La suite arrive bientôt dans une seconde partie.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:42

Humedal de Batuco

P1170030     A 20 kilomètres au Nord-Ouest de Santiago se trouve une zone humide inattendue. Elle occupe une superficie de 15 hectares. Ce site est la plus grande zone humide de la région métropolitaine. Elle se caractérise par une forte concentration d’oiseaux résidents et migrateurs.

P1170062     L’humedal abrite 70 espèces d’oiseaux soit 20% des espèces ornithologiques du Chili. On trouve par exemple la rhynchée de Saint-Hilaire (Rostratula semicollaris) en danger d’extinction, le Cygne à cou noir (Cygnus melanocorypha) et le Canard des Bahamas (Anas bahamensis).

La rhynchée de Saint-Hilaire (Rostratula semicollaris) Cygne à cou noir ( Cygnus melanocorypha ) 

Canard des Bahamas ( Anas bahamensis )

 

 

 

 

 

 

     Concernant la flore, on peut noter la présence de Amaranthus looseri qui est une plante endémique à la zone humide de Batuco.

P1170026     Le drainage de la lagune à des fins immobilières et industrielles constitue la principale menace pour ce site. Il y a aussi un problème de pollution de l’eau par des déchets industriels et des effluents de la station d’épuration "La Cadellada" à proximité de la zone.

P1170023     Un plan d’action « Humedal Batuco » mené par la CONAMA (Comisión Nacional del Medio Ambiente), organisme dépendant du ministère de l’environnement, vise à établir une stratégie de conservation de ce site.

     Le vol au dessus de la lagune de Batuco était un vrai moment de plaisir non seulement parce que le site est unique en son genre, mais aussi parce que nous étions trois pilotes à le survoler.

DSC03486     Il y avait Juan Carlos Catalan et bien sûr Gonzalo qui a réalisé un très beau décollage malgré un moteur lourd à porter sur le dos.

DSC03485Alors quand il a essayé le mien bien plus léger que le sien, ça lui a fait quelque chose ^^ :

DSC03352Quel plaisir de voler à plusieurs ! Ici avec Gonzalo :

DSC03491Et là avec Juan Carlos :

P1170047P1170059     Vers 12h, l’aérologie devient intéressante car des courants ascendants s’établissent juste au-dessus du terrain de décollage ce qui nous permet de voler en réduisant le régime moteur.

P1170077Que l’on regarde devant soi…

P1170082…ou en dessous…

P1170050…le panorama est sublime ; à l’atterrissage, on a donc trouvé un paramotoriste très heureux d’avoir pris de la hauteur.

DSC03492

 

Voici une vidéo en vol réalisée par Juan Carlos.

 

Partenariat avec la FIMA

     La présence dans la capitale avait aussi pour but de me rendre à la FIMA (Fiscalía del Medio Ambiente). Cette ONG a été fondée en 1988 avec comme principal objectif la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité du Chili. Elle s’attache notamment aux problèmes de déforestation, de pollution de l’air, de l’eau et des sols. La FIMA met un point d’orgue sur la responsabilisation et l’éducation à l’environnement en mettant à disposition des citoyens des supports et des compte-rendus de recherches scientifiques ainsi que des programmes de sensibilisation. L’ONG dispose également d’un centre de recherche dédié au droit environnemental, une discipline relativement complexe car récente et en perpétuelle évolution. Vous pouvez retrouver des informations relatives à la FIMA sur le www.fima.cl

logo fima     En décembre 2009, en la personne de María Fernanda Pinochet, directrice des projets FIMA, l’ONG a signé avec moi un partenariat dans le cadre du projet Aéro-Chili. Il vise à constater, aux moyens des photographies aériennes, des pollutions sévissant dans certaines zones des régions VII et VIII à 300 kilomètres plus au Sud.

DSC03441 bisJ’ai rencontré Andrés Montero Palma qui m’a précisé les caractéristiques de la zone où je me rendrai.

 

Conclusion

     Au cœur de la vallée centrale, Santiago du Chili est une ville saisissante. Elle accueille plus du tiers de la population chilienne et sa taille ne cesse de s’accroître. Comme beaucoup de capitales, l’agglomération de Santiago est composée de plusieurs communes dans lesquelles se regroupent des habitants d'un niveau social similaire.  En périphérie de la ville, subsiste une petite agriculture dont la production est principalement destinée aux marchés locaux et nationaux. Cependant, la surface cultivable tend à diminuer au profit d’infrastructures industrielles ou résidentielles.

     Santiago a su s’imposer par son dynamisme et le bien-être que procure son environnement urbain puisqu’elle a été désignée comme étant la capitale d’Amérique du Sud détenant la meilleure qualité de vie. Malgré ce titre, la ville tente de faire face au problème de l’épais nuage de pollution qui sévit en période hivernale.

 

A bientôt !

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 09:42

Les environs de Santiago

La Colina

P1150014     A seulement 30 kilomètres au Nord de Santiago se trouve une zone agricole. Cet ensemble bien ordonné est coincé entre la Cordillère des Andes à l’Est et le début de la Cordillère de la Côte à l’Ouest.

P1150031     Les exploitations sont de taille moyenne à petite et produisent beaucoup de maïs comme sur la photo ci-dessus. Comme pour l’aménagement de la ville, celui des parcelles est réalisé selon un quadrillage régulier dont le maillage est constitué de routes ou de haies de peupliers. Quelques bassins de rétention permettent de disposer d’eau afin d’irriguer la parcelle de maïs. Cette plante utilise de manière efficace l’eau : 350 grammes d’eau par gramme de Matière Sèche (geau/gMS). A titre de comparaison, la tomate et le blé utilisent respectivement 500 et 380 geau/gMS.Cependant, le maïs nécessite une quantité d’eau importante car il produit beaucoup de matière sèche et surtout, ses besoins les plus importants arrivent lors de périodes chaudes donc propices à l’évaporation de l’eau avant qu’elle pénètre dans la plante. C’est pour cela que le maïs jouit d’une mauvaise réputation de grand consommateur d’eau.

P1150030     Voilà une autre vue à la verticale de parcelles de maïs. Celles qui paraissent en terre sont en fait plantées de jeunes pousses que je n’ai pas réussi à identifier.

P1150026     Nous sommes en périphérie de Santiago : les lotissements juxtaposent les cultures. L’agglomération continue son expansion et il est fréquent de voir le long des routes de grands panneaux annonçant la construction de nouvelles habitations.

P1150024     Les exploitants de la zone produisent aussi des légumes vendus à Santiago ou destinés au marché intérieur : oignons, artichauts, pommes de terre, tomates et courgettes. Sur les marchés locaux, les fruits et légumes sont un peu moins chers qu’en France. Ceci est dû d’une part au coût de la vie moins élevé qu’en métropole et d’autre part, à la soustraction du coût d’exportation. On peut par exemple trouver des tomates et des bananes à 0,5 €/kg, des brugnons à 0,8 €/kg, des kiwis et des abricots à 1,5€/kg.

DSC04491

 

Laguna de Piedra Roja

P1150068     J’avais hâte que cette journée arrive, non seulement pour voler et découvrir de nouveaux paysages chiliens, mais aussi pour rencontrer Juan Carlos Catalan, un paramotoriste et parapentiste qui a fait part du projet Aéro-Chili sur un forum de parapente. C’est grâce à lui, que d’autres pilotes m’ont contacté pour me proposer leur accueil. Un merci sincère à ce pilote !

DSC03308     Ce jour là, le paramoteur de Juan Carlos était défectueux, nous n’avons pas pu voler ensemble. Ce fût quand même l’occasion d’échanger sur notre activité aérienne qui nous passionne tous les deux. Il a tenu aussi à tester la poussée de mon paramoteur car il n’en existe pas d’autres de ce type au Chili.

     Le domaine de Piedra Roja est totalement artificialisé. Il se compose d’une lagune, de résidences, d’un supermarché, d’un centre commercial, d’une pharmacie, d’une banque, d’instituts de beauté et d’une base nautique de loisir. Ce projet privé a coûté pas moins de 3 500 000 €.

P1150078     La lagune a été creusée en 2004. Elle occupe une surface de 8 hectares qui s’ajoute aux 7 hectares supplémentaires que compte le domaine de Piedra Roja. La rive ci-dessous peut accueillir plus d’une centaine de petits voiliers ou bateaux à moteur.

P1150039

     Piedra Roja montre à quel point l’homme  peut modifier un paysage initialement doté d’une végétation adaptée aux conditions relativement sèches comme celles des montagnes environnantes…

P1150055 …en une zone de verdure avec des pavillons plus que confortables :

P1150076…où leurs propriétaires peuvent tranquillement s’abandonner à une partie de golf…

P1150086…sans se préoccuper du manque d’espace :

P1150081

     Après ce vol, Juan Carlos accepte de me déposer à la Feria Expo Viva, une foire internationale du tourisme et des voyages…Etrange comme destination :

DSC03314

 

La Feria

     Sur les recommandations de Gonzalo, j’ai décidé d’aller à cette foire, non pas pour jouer au touriste, mais pour participer à une compétition de parapente organisée spécialement pour l’occasion. Sur place, je suis accueilli par Francisco Fluxá, excellent parapentiste qui, étant également revendeur de parapentes et de caméras embarquées, tient un stand de vente de matériel. L’ambiance y est très conviviale et éclectique : ça parle parapente bien sûr mais aussi paramoteur. Il y a beaucoup de pilotes de Santiago, un pilote argentin et je sympathise avec Alex (à gauche), un parapentiste australien de vol acrobatique venu passer une partie de sa scolarité au Chili. Je discute également avec un autre parapentiste prénommé Miguel (au milieu).Nous avons le même âge et sommes tous deux étudiants en Agronomie.

DSC03318     Après avoir été briefé par Francisco, je prends une navette qui me dépose à proximité du lieu de décollage. S’ensuit une bonne petite marche et j’arrive au sommet de la colline Pyramide où des pilotes sont déjà en l’air tandis que d’autres se préparent.

DSC03349     Les conditions sont très agréables : du vent et des thermiques. Ce sont ces courants d’air chaud, ascendants qui permettent de prendre de l’altitude. L’épreuve de la compétition est une précision d’atterrissage. Elle consiste à atterrir au centre d’une cible marquée au sol. Je me prépare et m’équipe d’une sellette que Gonzalo m’a prêtée pour l’occasion. Pour la voile de parapente, j’utilise la même que pour les vols en paramoteur : la Nucléon. Par contre, je change juste le réglage des trims, un système qui modifie la vitesse et la stabilité de la voile pour la mettre en configuration « vol parapente » plutôt qu’en « vol paramoteur ». Je suis prêt à décoller : gonflage face à la voile, demi-tour, je cours dans la pente et hop, me voilà en l’air. C’est très agréable et je profite le plus longtemps possible de ce moment unique d’un vol en parapente dans le ciel de la capitale du Chili. Une fois n’est pas coutume, je vais laisser de côté l’appareil photo pour vivre ce vol en toute simplicité. Je m’autorise quand même un cliché de la foire :

P1160014     Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas fait honneur aux parapentistes français. Hé oui, je loupe la cible d’une bonne vingtaine de mètres…

     J’ai passé une très bonne journée où j’ai pris plaisir à voler dans l’ambiance fort sympathique des parapentistes de Santiago.


Séjour en Argentine

     Pour m’astreindre des formalités d’un visa permettant de rester au Chili plus de 5 mois, j’ai choisi de ne prendre qu’un visa touristique de 3 mois qu’il faut renouveler avant la date d’expiration. Pour cela, il suffit simplement de sortir du Chili et de passer au moins une journée dans un autre pays. Depuis Santiago, je suis donc allé dans la ville de Mendoza en Argentine où je n’ai passé qu’une nuit du fait du planning chargé de Santiago. Il faut sept heures de bus pour s’y rendre. La route serpente dans la vallée de l’Aconcagua, au cœur de la Cordillère des Andes, laissant apparaître à chaque virage des paysages époustouflants.

DSC03420     Compte tenu du très peu de temps passé sur place, je n’ai pas vu grand-chose de Mendoza. J’ai simplement constaté des prix alimentaires un peu moins élevé qu’au Chili.

 

La suite et fin de l'article très bientôt...

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 15:42

¡Buenos días!

 

     J’ai posé bagages à Santiago, la capitale du Chili. Je vais y rester deux semaines afin d’y réaliser plusieurs choses : vols au dessus de la ville et de ses environs, rencontres avec des paramotoristes, réactualisation du visa, rencontre avec une association partenaire et formalités administratives pour préparer un visa états-unien lorsque le projet au Chili sera terminé.

 

     En ce début d’article, je tiens à rendre une fois de plus hommage à l’hospitalité chilienne et en particulier à un grand homme.

DSC03284      Gonzalo Lopez est parapentiste et paramotoriste. A ma grande surprise, il m’a accueilli dans son appartement secondaire en me disant : « ¡Es tu departamento! » (C'est ton appartement !). Il m’a donc laissé les clés et a tout fait pour que je m’y sente le mieux possible et que je puisse travailler. Il m’a donné une clé 3G, les clés de sa voiture et même de sa moto afin de me déplacer dans Santiago !

DSC04617     C’est aussi lui qui m’a conduit aux lieux de décollages et m’a fait découvrir la ville. Gonzalo est restaurateur ; j’ai donc eu la chance de manger d’excellents sushis ! J’ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec lui au cours des longues discussions où on parlait de tout et de rien.

DSC03625     C’est toujours difficile de retranscrire par les mots l’intensité d’une rencontre aussi belle qu’inattendue. Alors Gonzalo, merci mon ami ! Et à très bientôt en France !

 

La capitale vue du ciel !

     Le décollage s’est fait depuis une zone d’activité de Santiago. C’était une partie de plaisir : terrain plat, 10 km/h d’un vent très régulier… de la rigolade par rapport aux décollages réalisés dans le Nord du pays ! Santiago est déjà impressionnante vue du sol, mais vue d’en haut, c’est encore plus saisissant !

P1160046     Par mesure de sécurité, je choisis de ne pas survoler le cœur de la ville pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit quand même de la capitale et je ne tiens pas à me retrouver chez les carabineros (policiers)... Ensuite, à proximité se trouve un aérodrome dont l’axe de piste se positionne entre le lieu de décollage et le cœur de ville. Je m’en tiens donc à prendre de la hauteur…pas trop quand même car la couche de brume mélangée à la pollution atténue la visibilité.

P1160039     Santiago est une ville de 5 000 000 d’habitants sur les 16 000 000 que compte le Chili. Ce qui signifie qu’un tiers des Chiliens vit dans la capitale ! A titre de comparaison, l’agglomération parisienne regroupe un sixième des 65 000 000 de Français. La ville s’étend sur 2 000 km² dans un cadre unique : posée au pied de la Cordillères des Andes et traversée par le Rio Mapocho (premier plan de la photo ci-dessous) qui est alimenté par la fonte des neiges des versants montagneux.

P1160043      Le « Gran Santiago » se compose de 36 comunas (arrondissements) comme par exemple : El Bosque, Las Condes, Macul, Vitacura et Providencia où je suis actuellement. Il n’y a pas de « mairie métropolitaine » et chaque comuna est gérée par une municipalité en charge des domaines administratifs, fiscaux et éducatifs. Comme c’est la cas dans la majorité des villes du Chili, les inégalités sociales perdurent et sont bien visibles entre des comunas où  vivent des Santiaguinos (habitants de Santiago)  aisés (Vitacura) ou pauvres (La Pintana).  Il y a très peu de signes de mixité sociale. Les différences sociales se retrouvent au niveau de  l’organisation et du type d’ habitation. Dans les comunas aisées, elles sont grandes, espacées et bordées d’un environnement urbain verdoyant.

P1160029

DSC04566     L’agencement des maisons dans les zones plus pauvres, bien que restant régulier (organisation en quadras), est plus compact avec peu de verdure.

P1160050     Pendant le vol, j’ai une sensation extraordinaire : on dirait que le ville s’étend à l’infini. Partout où je regarde et sauf sur les montagnes, les maisons s’étalent à perte de vue ! Le panorama le plus impressionnant est en contre-jour…dommage.

 

Histoire

     Des traces de chasseurs-cueilleurs nomades ont été relevées et estimées à 12 000 ans d’âge dans le sol de l’actuel Santiago. En 800 avant J.-C. des ancêtres des Mapuches (communautés aborigènes) s’établirent sur place. La région devint  ensuite une plaque tournante pour le peuple incas. Le 12 février 1541, le soldat de l’invasion espagnol Pedro de Valdivia fonda officiellement la ville de Santiago et continua son invasion vers le Sud du pays. Il chargea sa femme Inés de Suarez d’assurer la sécurité de la ville contre la rebellion du peuple mapuche. Elle se montra aussi assoifée de sang que son mari puisqu’elle décapita elle-même un chef mapuche. En dépit d’attaques répétées à leur encontre, les conquistadors restèrent à Santiago ; l’expansion de la ville débuta. C’est dans ses murs que fut signée la déclaration d’indépendance du Chili en 1810. Cette année 2010 est donc importante pour les Chiliens puisqu’ils fêtent le bicentenaire du Chili.

drapeau Chili

     Au fur et à mesure que la population s’accroissait, de grands chantiers de travaux publics transformèrent la ville jusqu’au début du XX ième siècle. Après la Seconde Guerre Mondiale, une industrialisation rapide généra de nombreux emplois, mais pas assez pour satisfaire la demande croissante. Il en résulta l’apparition de bidonvilles aujourd’hui disparus. On peut préciser que dans la capitale, selon la classification de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), il n’y a plus de « cas d’extrême pauvreté ». En 1973, Santiago fut au cœur du coup d’Etat qui renversa Salvador Allende *. Le fossé entre les pauvres et les riches se creusa encore dans les années 1990 et est encore bien visible aujourd’hui.

Voici de façon très résumée et simplifiée une période de l’histoire chilienne qu’il me paraît important d’évoquer.

En 1970, le Marxiste Salvador Allende est démocratiquement élu.

Salvador Allende     Il applique son programme politique très orienté en réformant massivement  : nationalisation de nombreuses entreprises et redistribution des revenus. L’URSS vit cela d’un très bon œil pour y diffuser son idéologie. Par peur du communisme et face à une protestation grandissante, la force militaire conduite par le général Augusto Pinochet mena un coup d’état le 11 septembre 1973 renversant alors le gouvernement d’Allende.

Augusto Pinochet     Apparaît alors le phénomène dit de "polarisation" qui engendre un clivage entre communistes et pro-Pinochet ; commencent 18 années de dictature : interdiction des partis de gauche, suspension des autres partis et de l’activité politique, gouvernance par décret et contrôle de la presse. Avec l’escadron nommé « Caravane de la mort » qui se déplaçait en hélicoptère de ville en ville, Pinochet élimine de nombreux opposants communistes ainsi que leurs proches. Au total, 35 000 personnes furent torturées et 3 000 « disparurent ». En 1988, alors qu’il pensait se maintenir au pouvoir jusqu’en 1997, Pinochet organisa un plébiscite qu’il perdit. S’ensuivit alors la succession de plusieurs gouvernements qui s’attachèrent à reconsolider la démocratie.

Michelle Bachelet     En 2006, l’élection de la présidente Michelle Bachelet marqua un tournant crucial dans l’histoire du Chili. Cette mère célibataire incarne l’ouverture du Chili au monde.

     Malgré des efforts judiciaires, Pinochet ne fut jamais jugé. Il mourut en 2006 à l’âge de 91 ans. Certains Chiliens lui rendirent hommage pour les bienfaits économiques qu’il apporta au pays, voyant en lui un sauveur face aux dangers du communisme ; tandis que d’autres fêtèrent la mort d’un dictateur meurtrier.

     Le décès de Pinochet a refermé le chapitre de la dictature, mais on peut encore se demander si la réconciliation est bien achevée. Le Chili a déjà bien changé et continue à progresser dans le domaine social. A titre d’exemple, la peine de mort a été abolie en 2001 et le divorce s’est légalisé tardivement en 2004. Grâce à une forte expansion économique, le Chili a su se faire reconnaître sur le plan internationnal, ce qui en fait maintenant le 40 ième pays le plus développé au monde.

 

Climat

     Santiago est bercé par un climat méditerranéen. C’est d’ailleurs la première fois que j’ai pu voler en T-shirt (oui, je sais que c’est difficile à entendre quand il neige en Lorraine). Avec une température allant jusqu’à 28 degrés en journée, ce début du mois de décembre est très agréable. L’hiver est doux avec une température moyenne de 8 degrés pour le mois de juillet. Les pluies, courtes mais intenses, ont lieu en général pendant l'hiver, causant chaque année des inondations dans les quartiers qui ne disposent pas encore de système d'égouts adéquats.

P1160053     Aux portes de Santiago s’établit la zone d’activité d’où j’ai pu décoller. A l’arrière-plan, se trouve la comuna d’Huechuraba. L’autoroute, dans le coin inférieur gauche de la photo, est un tronçon du réseau appelé « autopistas urbanas de Santiago de Chile ». Par analogie au périphérique parisien, ce réseau autoroutier permet de desservir rapidement le « Gran Santiago » et d’en désengorger le centre.

 

La suite de l'article arrive très bientôt...

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Published by julien barbier
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